Je parcours la liste des choix de nouveautés qui sont offertes à l’équipe des Méconnus, lorsque je tombe sur cette couverture intrigante… On y parle d’écriture, d’idole, je prends une chance. Dans ma boîte aux lettres, une enveloppe brune, cachetée et volumineuse. C’est Le Goût du Goncourt, de Luc Mercure, récemment publié chez Québec Amérique.

Ce court roman anecdote, cette ‘’vraie fiction’’ nous amène en France, lors de ce mois d’août 1982. Le narrateur, fort probablement l’auteur lui-même, est alors dans la vingtaine. À Longueuil, il a lu quelques livres de Yves Navarre (lauréat du prix Goncourt) et admire sa plume. Après un échange de lettres avec l’homme derrière les romans, le narrateur se rend jusque chez lui et y passe quelques jours. Les choses ne se déroulent pas du tout comme prévu…

Le récit est entrecoupé de certaines pensées de l’auteur sur le processus qui l’a amené à écrire ce livre. Il raconte comment il est retourné dans ses journaux personnels, il parle de ses questionnements et de comment il voit les choses maintenant… Procédé qui, par moments, alourdit le texte à coups de répétitions et qui, par moments, lui ajoute un trait de vérité. On lit aussi des extraits de son journal de l’époque. L’écriture y est différente, fraîche, naïve. Puis, il y a des lettres, des dédicaces, telles de petites surprises parsemées çà et là.

Le goût du Goncourt pose des questions essentielles sur l’amour, le désir, l’admiration et bien plus encore, de sorte que toute personne ayant déjà eu un faible pour un artiste saura aussitôt se reconnaître dans ces écrits. Peut-être était-ce un roman un tantinet thérapeutique pour celui qui l’a écrit. En fermant ce livre, je n’ai pas l’impression de m’être évadé dans un autre univers, mais plutôt d’avoir eu accès aux cordes sensibles d’un vieil homme un peu narcissique et d’un plus jeune, cherchant ses repères.

Et aussi curieux que cela puisse paraître, j’aimerais donner un point bonus à la couverture de style ‘’enveloppe express venue de l’étranger’’. Express, comme cette rencontre entre deux hommes d’âge éloignés. Une couverture élégante, efficace et somme toute, assez révélatrice.

Ce livre fait réfléchir, en nous transportant dans les reliefs de la Provence, en plein été. Ce sera idéal pour ceux qui voudront lire un récit tranquille, avec un thé et un chat sur les genoux…

L’auteur

Luc Mercure a étudié, puis enseigné, la littérature. Depuis quelques années, il se consacre entièrement à l’écriture. Il a publié, entre autres, La mort de Blaise (Leméac, 2008), La faute de Roy Dupuis (Leméac, 2010) et Port de mer (Québec Amérique, 2014). Il en est à son neuvième roman.

– Camille Deslauriers Ménard

Le goût du Goncourt, Luc Mercure, Québec Amérique, 2018.

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