C’est à un cocktail bien singulier que le public est invité en ce moment à l’Usine C. Avec la pièce Golgotha Picnic, Angela Konrad visite une humanité troublée à travers un texte adapté de Rodrigo García. En sachant que l’oeuvre originale avait créé bien des remous à Paris en 2011, impossible de ne pas être curieux. Retour.

C’est par Les sept dernières paroles du Christ de Haydn que débute la pièce. Interprétée par David Jalbert, la pièce musicale met la table et agrémentera l’action tout au long de la pièce. Après plusieurs minutes, un homme vêtu d’un simple caleçon s’avance sur les détritus qui jonchent le devant de la scène. C’est qui? Un peu n’importe qui, surtout un Christ contemporain. D’un coup, il tombe. Comme foudroyé. Happé par une voiture. L’homme sera vite rejoint sur scène par trois interprètes de talent. Il y aura d’abord Dominique Quesnel, sac de chips à la main comme pour casser l’ambiance plus solennelle et attitude un peu moqueuse dans l’œil. Viendra ensuite Sylvie Drapeau, toute en douceur, et Lise Roy, droite et fière. Le tableau, qui se déroule au sommet du Mont Golgotha, est complet.

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Dans un cadre très minimaliste, l’homme se meurt. Passant des bras de l’une aux paroles de l’autre, il parle, énonce, déclame, hallucine. Et c’est malheureusement un peu hermétique. Les propos ont beau être universels – on ne parle pas de traitement de canal ou de chirurgie esthétique, mais bien de religion et de nature humaine ici -, ils n’arrivent pas à avoir la portée voulue. Bien sûr, la proposition d’Angela Konrad nous pousse toutefois à nous questionner sur nos croyances. Et même, notre rapport à la spiritualité.

La pièce a-t-elle manqué sa cible? Ou était-ce le but, de nous plonger dans un recueillement qui frisait parfois l’inconfort? Heureusement on rit grâce aux habiles traits d’humour de la pièce, à travers l’excellent jeu de Dominique Quesnel notamment. Il faut la voir habiter la scène avec une prestance à la fois forte mais légère, dirigée mais fluide!

À travers les quelques rires qui ont fusé, les spectateurs ont participé à l’action en toussant, se mouchant, en bougeant sur leur siège, en cognant des clous… Lors de la conclusion musicale, pourtant jolie, l’attention a définitivement flanché. Dommage.

Mélissa Pelletier

Golgotha Picnic, du 18 au 29 septembre 2018 à l’Usine C. Pour toutes les informations, c’est ici.

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