Ce vendredi, un petit bijou prenait l’affiche au cinéma Excentris. Gloria, de Sebastien Lelio, nous introduit dans le quotidien d’une quinquagénaire qui ne manque pas d’aplomb! Douze ans après son divorce, Gloria n’a pas jeté l’éponge niveau affectif et n’entend pas se ranger du côté des vieilles filles qui ont choisi l’amertume comme compagne d’infortune,. Au contraire, yoga, thérapie par le rire et soirées en boîte continuent de ponctuer l’horaire bien rempli de cette femme de carrière, qui au fait, est également grand-mère.

Lors d’une de ces soirées, qu’elle passe seule dans une discothèque qu’elle affectionne particulièrement, elle fait la rencontre d’un homme avec qui elle entretiendra une idylle qui n’a rien à envier à celles, fougueuses, qu’on attribue habituellement à la jeunesse. Renaître. Regarder avec sérénité vers le passé. Une ombre au tableau? Évidemment, mais ce n’est pas à moi de vendre la mèche.

Gloria est une œuvre intimiste et réflexive. Une avalanche de gros plans et de silences, qui se construit en deux temps, notamment par le montage. Très évoquant dans sa rythmique,  il reflète une tendance maniaco-dépressive propre aux crises existentielle et qui renvoie au voisin de la protagoniste et ses accès de rage nocturnes.

Des choix de vie, les conséquences qui en résultent. Durant le visionnement de Gloria, les questions foisonnent. Même si la plupart demeureront sans réponse, d’avoir mis au premier plan une femme mûre, laisse place à un certain recul et expose une perspective à laquelle nous ne sommes pas habitués en tant que spectateur. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a probablement pas de bonne réponse; la mauvaise c’est que les déboires amoureux et les folies qu’ils nous font faire ne s’estompent pas avec l’âge, on apprend juste à faire avec.

Gloria, en tant qu’œuvre, comme en tant que personnage, est sympathique et attachante. Elle redonnera confiance en l’amour aux âmes seules ou renforcera leur conviction que toute relation est vouée à l’échec. Une réception très personnelle, quoi.

– Vickie Lemelin-Goulet

À l’affiche à l’Excentris jusqu’au 20 février