Crédit: Linda Rutenberg

Il était une fois une petite fille qui rêvait d’aller en Gaspésie. Sa grand-maman lui avait souvent parlé de sa terre natale et la petite fille s’était mille fois imaginée visiter ces grands espaces, ce ciel infini et cette étendue d’eau qui accueillent tant de visiteurs à chaque année…

La petite fille a visité ce coin de paradis québécois l’été passé pour la première fois. Tant de beauté lui a inspiré un sentiment de pureté, de légèreté et d’espoir. Le paradis existait et elle y était. Depuis, elle y est retournée à l’hiver puis au printemps. Et la Gaspésie l’a couvert de ses beaux paysages, entre montagnes et eaux glacées, entre chants d’oiseaux et soleil levant.

La petite fille, c’est moi. Moi qui habite en ville depuis 34 ans, blasée du bruit incessant des voitures et des rues encombrées de déchets, moi qui n’avais jamais vu tant de merveilles avant d’assister à cette nature plus grande que la nature même qu’offre à toutes les saisons la Gaspésie.

C’est avec ce bagage en tête que je me retrouve en pleine avenue du Mont-Royal balayée par le vent frisquet de l’automne prochain, à regarder les francs clichés de la photographe Linda Rutenberg. Du 4 septembre au 27 octobre 2014, l’exposition extérieure La Gaspésie : au bord de l’infini offre aux passants une visite en plein hiver de cet endroit qui charme tant les touristes au cœur de l’été.

Linda Rutenberg a effectué sept voyages au cours de trois hivers pour photographier les objets qui représentent des liens essentiels entre les Gaspésiens et leur terre. La Gaspésie nous charme tout autant par ses bancs de neige qui miroitent au soleil, ses immenses glaçons d’eau pure et limpide d’un bleu naturel, ses froides couleurs et cette impression d’infini qui nous transperce et nous rend si vulnérable à la beauté du monde.

Le quotidien en Gaspésie se dévoile tout aussi séduisant que la saison touristique : la terre y est riche, porteuse de quiétude, routes insondables, solitude trouble… À travers les photographies immenses de Rutenberg, on ressent toute notre fragilité face à l’absolu. Car si la Gaspésie est paradis, elle sait également nous placer face à nous-mêmes : nous sommes si petits dans cet univers si grand.

Il est bon de se rappeler à quel point cette terre nous est promise, nous est cadeau et nous appartient. Cette exposition rappelle aux passants criblés de stress, d’angoisses de performance et d’ulcères de vitesse que nous sommes nos propres agents perturbateurs. L’infini est accessible à tous !

Linda Rutenberg est photographe depuis une trentaine d’années, auteure, enseignante et conférencière. Son travail fait l’objet de plusieurs expositions dans différents musées et galeries et ses œuvres font partie de collections d’entreprises et privées à travers le monde. L’artiste vit et travaille à Montréal. L’exposition La Gaspésie : au bord de l’infini a donné lieu à la publication d’un ouvrage en juin dernier et poursuivra sa route au Québec en 2015. 

– Élizabeth Bigras-Ouimet

La Gaspésie : au bord de l’infini
Du 4 septembre au 27 octobre 2014
Exposition extérieure sur l’Avenue du Mont-Royal
www.lindarutenberg.com