Le Divan est un spectacle présenté dans le cadre du festival St-Ambroise FRINGE à la salle MAI auquel j’ai assisté le 14 juin.

Le spectacle est constitué d’une série de sketchs relatant la vie d’un couple qui habite ensemble. En fait, le concept se rapprochait assez de celui de feu l’émission Un gars, une fille qui était présentée sur les ondes de Radio-Canada de 1997 à 2003. J’étais assez jeune lors de la diffusion de cette émission, mais je me rappelle qu’elle me rendait mal à l’aise parce qu’il me semblait que l’aspect comique des textes reposait majoritairement sur des stéréotypes genrés éculés (je ne l’aurais pas formulé ainsi à l’époque, je le concède). La comparaison entre cette émission et Le Divan est d’autant plus facile à faire qu’il me semblait que je me suis retrouvée face aux mêmes stéréotypes.

En effet, la dynamique du couple reconduit les clichés les plus banals sur les différences entre les hommes et les femmes. Ainsi, le personnage masculin pense toujours au sexe et est prêt à tout faire pour une séance au lit, tandis que le personnage féminin profite de cette « faiblesse » pour que son homme accomplisse des tâches domestiques et lui paye des massages (je ne caricature pas, il s’agit bel et bien de dialogues échangés entre les personnages). Ce qui me rend d’autant plus inconfortable, c’est que la femme est présentée dans la programmation comme une féministe et qu’elle est une incarnation des préjugés véhiculés dans la société sur la femme féministe; elle est toujours fâchée et relativement castratrice.

On pourrait bien sûr arguer qu’il s’agit d’une comédie et qu’il est par conséquent normal de tracer les traits des personnages assez grossièrement. Peut-être que j’aurais pu pardonner ces stéréotypes, si le type d’humour de cette pièce m’avait rejointe, mais ce n’était malheureusement pas le cas. En effet, l’aspect comique de la pièce repose surtout sur un comique de geste qui est trop simple (par exemple, la femme se cogne en amorçant une danse érotique, ou encore l’homme sursaute pendant un film d’action et réveille par conséquent sa douce moitié), et mal rendu par les acteurs, dont le jeu m’est apparu un peu faible.

Il y avait deux autres personnages sur scène; un ninja qui s’occupait aussi d’incarner les personnages secondaires (le chat, le père, etc.) et une autre femme qui semblait occuper le rôle de « third wheel » (à moins que ce soit la colocataire du couple). Je n’ai pas bien compris la pertinence de leur présence.

En somme, j’ai été assez déçue par cette pièce qui se présentait comme une « mosaïque de moments fugitifs et cocasses dans la vie d’un couple typiquement montréalais » et qui s’est avérée être plutôt une reconduction de stéréotypes éculés.

Ne désespérez toutefois pas lecteurs! Le festival St-Ambroise FRINGE n’est pas fini! Pour voir la programmation, visitez le site du festival!

– Alexie André Bélisle

Le Divan, Les Productions Lounge

Au MAI du 13 au 21 juin 2014 dans le cadre du festival St-Ambroise FRINGE