Vous l’aurez sans doute remarqué (si ce n’est pas le cas, sortez de votre cuisine d’urgence), l’été vient de faire une entrée fracassante, et avec lui, le cortège des festivals qui transforment Montréal en marmite bouillonnante, allongent les nuits et raccourcissent les jupes.

Parmi toutes ces festivités, le FRINGE dévoilait sa programmation lundi soir aux Katakombes. Icône du Montréal cool, et de la Main agitée de l’été, ce festival de – déjà – 23 ans d’âge s’annonce comme un passage obligé, pour profiter pleinement de l’effervescence qui caractérise la métropole lors de la belle saison. Danse, théâtre, musique, comédie, création parlée, arts visuels, tarot, opéra rock, travestis, yoga, gaufres… Si vous ne trouvez pas votre compte, vous devez être bien chiant à côtoyer les soirs d’hiver.

La présentation de la programmation elle-même suffit à comprendre la coolitude de l’événement.  Un concours de la confection du meilleur muffin à l’anglaise ou toast à la française (bilinguisme oblige) était organisé dans l’assistance (une conférence est tout de même infiniment plus agréable le ventre plein), concours vite détourné par le directeur administratif du festival, mélangeant au blender un pain à toast, des fraises, des smarties, et d’autres choses difficilement avouables, telle que de la St Ambroise. Ce n’est certes pas lui qui a gagné le concours, mais voilà une belle manière de remercier les commanditaires du festival !!

Le FRINGE s’appuie sur plusieurs principes clairs :

– Bilinguisme : anglos et francos y trouveront leur compte.

– Accessibilité : les tarifs sont volontairement maintenus bas, la majorité des spectacles demande entre 5 et 10 dollars.

– Liberté : aucune censure n’est appliquée par les organisateurs.

– Rétribution aux artistes : 100 % des recettes sont reversés aux artistes.

Partant de ces belles idées, la palette de spectacle proposée est impressionnante : plus de 200 artistes viennent du monde entier, la plupart jouant leur spectacle plusieurs fois durant le festival, pour un total de 700 représentations.

Ce fourmillement est décliné en 3 volets :

– Les nuits du Fringe, séries d’événements festifs, avec notamment la soirée de lancement du festival le 3 juin au Café Campus : des échantillons de 2 minutes de presque tous les spectacles seront proposés. Une excellente manière d’appréhender la foule de spectacles offerts ! À noter aussi le spectacle de l’après Fringe, The 13th hour, lieu de décompression du festival, chaque soir au Cabaret du Mile End !

– Le Fringe de A à Z, programmation du festival proprement dite, dans plus de 20 lieux de représentations bordant les alentours de la rue Saint Laurent, s’étendant du Café Cléo au Rhodos (nouvelle salle, au cœur du Mile End, sur l’avenue du Parc).

– Le Parc Fringe, cœur du festival, situé au Parc des Amériques, au coin St Laurent et Rachel, avec une rafale de spectacles gratuits du 13 au 23 juin : des ateliers de dessin, un éco-carnaval, des DJ battles, la course en drag (concours de drag queens organisé par Mado Lamotte en personne), les concerts des Fringe Park Tunes et du Fringe Pop, en collaboration avec Pop Montréal. Une nouveauté cette année : le Kids Fringe, des ateliers de collage, théâtre, danse pour les enfants … mais pas seulement !!

Selon les mots de sa directrice, « Le FRINGE est un festival où les langues se taisent pour laisser crier l’art». Rien à ajouter, la formule est belle et juste. Courez-y !

– Mathieu Ougier

Du 3 au 23 juin 2013. http://www.montrealfringe.ca/fr