Il a fallu que je cours un peu pour me rendre à la représentation de Moé pis toé au Studio Multimédia du Conservatoire mercredi soir. Entre une course entre le Parc FRINGE, une redirection vers le Quartier Général du FRINGE, un mot d’encouragement des employés souriants, une marche de santé bénéfique (que dis-je, un sprint pour mon pauvre petit corps qui-essaie-d’être-en-forme) et un moment de confusion avec les employés à l’entrée, j’ai enfin pu déposer sacoche et sac d’ordi pour accorder toute mon attention aux comédiennes, qui ont débuté dans la seconde. La vie fait bien les choses, parfois.

Et ça aura valu chaque goutte de sueur et chaque regard trop intense sur ma montre aux feux rouges. Vous avez peut-être déjà lu les lignes de Véronique Grenier sur Urbania: en adaptation théâtrale, c’est encore mieux. Ce n’est pas peu dire. Grenier a ce don de trouver sa propre voix dans une société qui ne manque pas d’écrivains qui se concentrent sur les méandres et les joies du quotidien. Dans une mise en scène épurée, joliment simple, de Veronick Raymond, le public a pu attendre quelques textes choisis de l’auteure: Se tenir, Le Shack, Les graines, Attendre

Entre la dépression, l’amour, le sexe, le désir, les enfants, les textes vont de tous bords tous côtés. Le vide et le plein, notions qui reviennent souvent. Mais c’est beau, ça marche, ça s’emboîte. Comme des tranches de vie, des petites pièces de l’énorme casse-tête (on le devine aisément) qu’est l’esprit de Véronique Grenier, les textes prennent un tout nouveau sens dans la bouche des comédiennes. Comme différentes parcelles d’une même femme, elles parviennent avec brio à rendre des phrases parfois lourdes, parfois rêveuses, toujours justes.

La plume tranchante de l’auteure, qui joue entre joual et mots d’esprit que j’aurais aimé avoir, aurait pu être à elle seule être digne d’intérêt. Non. C’est la vie, le plein comme Grenier dirait, qu’elle réussit à aller chercher avec cette adaptation théâtrale. Bravo. Confettis.

– Mélissa Pelletier

Moé pis toé, au FRINGE jusqu’au 21 juin. Pour voir l’horaire, c’est ici.