On a tous parfois nos moments de déprime, nos tristesses passagères, nos petits désespoirs quotidiens. Mais toucher le fond, le fond d’une dépression psychotique, c’est plus rare (heureusement).

Ici, l’auteure Sarah Kane (qui s’est-elle même pendue avec ses lacets à tous juste 28 ans) aborde de plein fouet le sujet : le mal-être, cette envie irrépressible d’en finir. ENFIN. Comme si chaque moment devient une torture incomprise des autres. En plus de la souffrance, vivre l’incompréhension, le manque de soutien de ses pairs. Ou plutôt de ces psychiatres supposément là pour aider, mais qui enfonce encore plus la malade dans les méandres de son esprit par leur langage médical, leur attitude froide et leur vision décalée de la réalité de la jeune femme.

Vous l’aurez compris : sur scène, on ne retrouve qu’une jeune femme. Ça passe vite, trop vite. Peut-être comme la vie de cette dépressive. On en aurait pris plus de cette mise en scène efficace de France Fortin. Pas parce que c’est divertissant. Parce que le texte est vrai, cru, tellement cru. Si 4.48 Psychose et vraiment loin d’être une œuvre hop-la-vie, elle ouvre tout de même les yeux sur une réalité qui existe pour certains.

À voir avant le 22 juin.

– Mélissa Pelletier