Qu’est-ce que la beauté et pourquoi toujours chercher à plaire? Pourquoi tenter de ressembler aux images photoshopées dans les revues? Ce sont les questionnements auxquels Audréanne Cabana tente de répondre dans sa pièce Jouer à la poupée. Présentée dans le cadre du festival FRINGE au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, la pièce dresse un portrait global de l’industrie de la mode. Une industrie se confortant dans ses standards malsains, dans ses mensurations irréalistes.

Cette production du Théâtre des assoiffées met en scène Audréanne Cabana dans le rôle d’une créatrice de mode voulant révolutionner la mentalité conservatrice de la mode. L’arrivée d’un stagiaire complice lui permettra-t-elle d’atteindre son but? Le choix de la problématique est pertinent, certes. Toutefois, la réflexion demeure en surface. Au passage, les thèmes de la surconsommation, de la superficialité et de l’image de soi sont soulignés, mais sans servir le propos, sans apporter d’angle nouveau. Ce n’est pas le côté pervers et insidieux de la mode qui est mis de l’avant, mais l’aspect grossier et caricatural.

Ainsi, l’on retrouve la boss bitch et ingrate, les deux commères – le gai « fofolle » et celle qui rêve d’accéder au poste d’assistante -, et bien sûr, la pauvre créatrice qui s’éprend de son Che Guevara de la mode. On nage vraiment dans les clichés de la comédie romantique américaine. Un genre de Sex And The City transposé au théâtre. Et que dire de la mise en scène. Surmontées de leurs échasses, les actrices se pavanent telles des mannequins à un défilé. Six blocs meublent la scène, se transformant perpétuellement en bureau, en banc… Les acteurs ont la mission de les déplacer, ne manquant pas de souligner avec dérision leurs poses. Une musique électro bruyante et agressive démarre à chaque déplacement. Est-ce une tentative pour donner du rythme à la pièce? Pourtant, les blocs ne servent en rien le propos, si ce n’est de remplir leur rôle d’accessoire.

Heureusement, l’humour, les répliques assassines et la répartie ponctuent ce texte. Les comédiennes et comédiens incarnent à fond la superficialité de leurs personnages très typés. Mention spéciale à Chanel Mings (la boss bitch) et Catherine Lapointe (la commère). Elles se démarquent du lot. En somme, pour une satire, ce spectacle de 45 minutes seulement manque de piquant, de corrosif et verse essentiellement dans les clichés qu’Hollywood nous a maintes fois exposés.

Edith Malo

Jouer à la poupée, une production du Théâtre des assoiffées, présentée à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui dans le cadre du Festival FRINGE les 13, 14, 15 et 17 juin 2018. Pour plus de détails, c’est ici.

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