Et c’est reparti pour une 24e édition des Francouvertes, qui accueille encore 21 participants qui devront gagner le cœur du public ET des juges le temps d’une performance au Cabaret Lion d’Or entre le 17 février et le 30 mars prochains. Cette année encore, on a invité les candidats à répondre à quelques questions pour nous permettre d’en savoir plus sur eux.

L’exercice commence avec Mélodie Spear, Guillaume Bordel et Embo/phlébite qui monteront sur scène ce lundi :

Mélodie Spear

Mélodie Spear / Photo : Emilie Tremblay

Comment résumer ton approche face à la musique?

Pas de compromis. Pas de stress. Il faut continuer de rocker sa couette.

Quelle est ta carte secrète pour te démarquer lors des Francouvertes?

J’avais pensé griser la foule grâce à mes talents de rap. Marie (batteuse) aurait fait du beatbox pendant que je serais occupée à flabergaster le jury avec mon rap. Accessoirement, il y aurait aussi eu Éli (bassiste) en train de manger un wrap et Ju (guitariste) en train de râper du fromage.

Cependant, je ne fais pas de rap. Ma carte secrète tombe donc à l’eau. Sinon, je suis capable de faire un trèfle avec ma langue.

Cinq minutes avant de monter sur scène lundi, qu’est-ce qui va te passer par la tête?

Les choses habituelles comme réfléchir à comment je nommerais mon hypothétique école de danse. Perso, je pense l’établir sur la Rive-Sud de Québec et appeler ça Lévis-Danse.

Quelle est ta plus belle rencontre artistique de la dernière année?

Salomé Leclerc m’a vraiment touchée. Les girls de Random Recipe m’ont également complètement renversée. J’ai même acheté leur chandail et elles me l’ont signé pis toute. Hélas, le chandail était blanc et maintenant il y a une tâche de moutarde dessus.

Parle-nous d’un de tes fantasmes d’artiste.

Avoir de la mousse de crevettes dans ma loge. Je ne sais pas si vous avez déjà mangé ça, mais on en avait à tous nos shows à Petite-Vallée quand j’ai fait Destination Chanson Fleuve (allô Alan). Depuis ce temps, je pense souvent au bonheur simple que me procurait la mousse de crevettes. Ça me titille les papilles, juste d’en parler en ce moment.

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Guillaume Bordel

Guillaume Bordel / Photo : Shown Morin

Comment résumer ton approche face à la musique?

Bonne question! En fait, ma musique est toujours dans ma tête. Ce n’est pas seulement des chansons, c’est un mode de vie. Je mets tout mon amour et mon énergie là-dedans, autant sur scène qu’en écriture et en composition. Pour ce qui est de la façon dont je bâtis mes tounes, ça peut autant être ben relax sur mon divan ou en mode freestyle devant un micro avec les amplis allumés, ça donne souvent des beaux jams avec moi-même et de bonnes idées en sortent. J’adore aussi me donner des défis d’écriture, exemple des sujets que je n’ai jamais abordés. Je me donne aussi le droit de choisir des riffs de guit’ plus simples et catchy, ce que je ne faisais pas avant, et tout récemment j’ai détruit la barrière mentale que je m’étais faite par rapport à mon style musical : maintenant, quand j’écris, que ce soit folk, grunge, funk, salsa, name it, j’ai le droit de tout faire et au final quand c’est peaufiné ça fait des tounes qui sonnent encore plus Guillaume Bordel.

Quelle est ta carte secrète pour te démarquer lors des Francouvertes?

Aucune carte secrète pour moi. Je vais me pitcher là-dedans all in et rester 100% moi-même.

Il y aura sûrement des blagues, de l’absurdité et des choses inattendues, parce que j’aime surprendre et faire rire. Mais ce sera zéro pour jouer une game, je n’aime pas l’esprit de compétition en musique et j’ai juste hâte de me faire des ami.e.s parmi les autres participant.e.s.

Cinq minutes avant de monter sur scène lundi, qu’est-ce qui va te passer par la tête?

Oh! Cinq minutes avant de monter sur scène, c’est un moment assez intense. Dans mon cas, juste avant une perfo, ça passe de « j’suis nerveux » à « j’ai vraiment hâte de jouer ». Je défile mes paroles et mon pacing de chansons dans ma tête. Je bois aussi beaucoup d’eau et, pour finir, une bonne tape dans le dos de mes musicien.ne.s en guise de « ça va rocker à soir! ».

Quelle est ta plus belle rencontre artistique de la dernière année?

Y’en a beaucoup! Par exemple, tou.te.s les artistes de la cohorte 2019 du Festival international de la chanson de Granby, que j’ai fait l’été dernier. Mais je dois dire que j’ai eu de fichus de beaux moments humains avec les membres de Valse Fréquence. On a fait une reprise de la chanson «Simone» de Chocolat dans un bar plein à craquer. En plus, on avait pratiqué ça dans un garage de Granby. Ben oui, j’ai chanté du vieux Chocolat à côté d’une tondeuse à gazon en plein jour!

Parle-nous d’un de tes fantasmes d’artiste.

Par le biais de mes prix gagnés à Granby, j’ai beaucoup de shows bookés pour cette année. Alors mon seul fantasme, ce serait que tout ça ne s’arrête jamais! En gros, faire ce que j’aime le plus au monde à temps plein. Sinon, peut-être un nouvel ampli de guitare, car un chauffeur de taxi à roulé sur le mien il y a quelques semaines et il est scrap.

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Embo/phlébite

Embo/phlébite / Photo : Dominique Rivard

Comment résumer votre approche face à la musique?

Dernièrement, on nous a dit qu’on faisait de «l’anti-chanson», comme si on prenait le gros concept qu’est une chanson et qu’on le passait dans un tamis. Là, les gros boutes chunky restent pris dans le filet, pis nous, on fait une toune avec la poussière qui est tombée sur la table. Je cite Zéa ici, une des deux moitiés de La Fièvre qui participe aussi aux Francouvertes! Je vous laisse interpréter ce que peuvent représenter les chunks et la poussière dans une chanson. En gros, on évite le plus possible les évidences en restant proche de notre créativité instinctive. On réfléchit à ce qui est sorti de notre bouche quand on réfléchissait pas.

Quelle est votre carte secrète pour vous démarquer lors des Francouvertes?

Une carte secrète c’est un secret. Quelle question! J’espère que les autres participants et participantes ne se laisseront pas prendre à ce petit jeu d’esprit. Je peux vous dire qu’est-ce qui est pas un secret. On va être 5 sur stage. Il y aura Agathe Dupéré à la basse, Gabriel Lapierre aux tambours, Naomie De Lorimier à la voix et aux pédales, Charles Marsolais Ricard à la Guitare et moi, Raphaël Léveillé, guitare et voix, et nous interpréterons nos musiques et paroles. Les secrets c’est pour le spectacle.

Cinq minutes avant de monter sur scène lundi, qu’est-ce qui va vous passer par la tête?

Est-ce que tout le monde est de bonne humeur? Est-ce qu’on a bu assez d’eau? Est-ce que ça me tente de faire ça? Qu’est-ce que j’aurais fait si j’avais pas été là? Je me dis ses affaires-là si on a pas eu notre petit moment de motivation de band où on se dit qu’on s’aime pis qu’on fait ça pour les bonnes raisons. GO LA GANG!

Quelle est votre plus belle rencontre artistique de la dernière année?

J’irais de ce pas avec un artiste comme Duu, a.k.a. Étienne Dupré, un musicien de grand talent et d’une sensibilité inouïe qui a gentiment accepté de nous aider à réaliser l’album qu’on est en train de faire. On dirait que je prêche pour ma paroisse, mais quand on parle de rencontre, je pense à ça. C’est un artiste que j’ai regardé cheminer de loin en me disant qu’on finirait par travailler ensemble sur de quoi. Pis là, comme ça arrivait pas de soi-même, y’a fallu que je lui demande « Étienne, veux-tu réaliser l’album d’Embo steplait? », y’a dit oui, pis c’était malade quoi! Écoutez ses affaires! Duu c’est vraiment important dans le paysage musical francophone québécois.

Parlez-nous d’un de vos fantasmes d’artiste.

Je vais parler pour tout le monde parce qu’ils et elles sont pas là pour se défendre, mais on rêve que Embo soit engagé pour composer la musique d’un film. Un bon film là, un film d’esprit avec des jeux d’esprit mettons. On serait pas du tout transparent, genre vraiment coloré, limite envahissant. Genre le monde dirait «voyons la musique de ce film-là c’est quelque chose hein!», mais en vrai dans leur tête y seraient genre « hein! c’est donc ben dope! J’ai le goût d’acheter le film sur iTune ».

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La semaine prochaine : Ariane Roy, MoKa et Aramis.

Les 24es Francouvertes, du 17 février au 4 mai 2020. Tous les détails sur la programmation ici.

– Propos recueillis par Olivier Dénommée