Photo : Jean-François LeBlanc

Cela fait six semaines que Les Francouvertes ont commencé, déjà? Les préliminaires s’achèvent (plus qu’une ultime semaine pour savoir qui, exactement, ira en demi-finales) et la soirée du lundi 27 mars a créé bien des surprises au Lion d’Or.

Samuele

L’auteure-compositrice-interprète Samuele est tout un personnage : on la reconnaîtrait entre mille pour son côté tomboy, pour son toupet frisé et pour ses commentaires sociaux puissants et toujours assumés. Tout y était lundi, et même plus. Elle profitait de son retour aux Francouvertes, deux ans après sa première performance, pour casser de nouvelles chansons et pour éduquer le public, chose qu’elle aura fait pendant de longues minutes. Finalement, son mini-spectacle d’une quinzaine de minutes aura duré une demi-heure. Même si cette « ex » ne participait pas au concours, disons que c’est elle qui a véritablement gagné, de par son audace et ses commentaires intelligents sur des sujets pas si faciles d’approche. Chapeau!

Samuele / Photo : Jean-François LeBlanc

Laurence-Anne

La première compétitrice de la soirée était bien accompagnée. Elle jouait en symbiose avec son petit orchestre, créant une espèce de bulle qui n’était pas toujours facile à percer pour le public. Sa pop aux prétentions orchestrales était intrigante et même plutôt convaincante, mais la théâtralité avait tendance à aller trop loin. Était-ce nécessaire de venir avec le lightsaber de Kylo Ren sur scène? de l’utiliser deux fois? d’allumer des chandelles pour une chanson? de choisir une claviériste aussi hyperactive qui faisait même de l’ombre à la chanteuse qui devrait être mise de l’avant? C’est donc l’enrobage de la mise en scène qui m’a laissé perplexe, beaucoup plus que la musique elle-même. Vraisemblablement, cela n’a pas trop troublé le public du Lion d’Or, qui lui accorde la confortable cinquième place au palmarès.

Laurence-Anne / Photo : Jean-François LeBlanc

Ariane Vaillancourt

La Sherbrookoise Ariane Vaillancourt est, en quelque sorte, le penchant féminin d’Antoine Lachance : elle offre une pop simple harmoniquement et très belle mélodiquement, mais c’est au niveau des arrangements que la magie opère vraiment. Pour l’occasion, elle était venue avec l’artillerie lourde (un quatuor à cordes, tout de même!) et le désir de séduire le public. Excellente pianiste, elle restait derrière son instrument et chantait avec chaleur et justesse. Je n’avais aucun doute qu’elle se mériterait une place parmi les meilleurs des Francouvertes. Coup de théâtre : cet avis n’était pas partagé par la majorité, et l’aventure d’Ariane Vaillancourt s’arrête déjà là… dommage!

Ariane Vaillancourt / Photo Jean-François LeBlanc

Joey Robin Haché

Après deux performances féminines très réussies, le Néo-Brunswickois  Joey Robin Haché voulait changer l’esprit de la soirée, lui qui roule sa bosse depuis quelques années. Sur album, on entend un pop rock assez énergique… sur scène, cette énergie est décuplée, parfois à outrance. Avec ses musiciens, il a saturé les oreilles du Lion d’Or avec un rock très chargé, presque unidimensionnel. Les nuances étaient très optionnelles, disons! Ajoutons l’étrange escalade du stress qui mène à Les vagues, et au moment où il s’est jeté par terre, et cela dresse un portrait assez représentatif de sa performance remarquée, mais pas assez remarquable pour se tailler une place au convoité palmarès… Malgré le talent de l’artiste, le contraire aurait été étonnant.

Joey Robin Haché / Photo Jean-François LeBlanc

Reste qu’après six semaines de préliminaires sur sept, on peut dire qu’on a une très bonne idée de ceux qui vont rejouer au Lion d’Or en avril : les six premiers de la liste ont une place assurée, ce qui en laisse trois au statut incertain, en particulier Antoine Lachance, tout en bas de la liste. Nous suivrons le prochain soir avec beaucoup, beaucoup d’intérêt!

– Olivier Dénommée

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Palmarès :
1 – Vulvets
2 – Lydia Képinski
3 – Les Louanges
4 – Valery Vaughn
5 – Laurence-Anne
6 – Van Carton
7 – Shawn Jobin
8 – MCC
9 – Antoine Lachance

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