Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Vendredi soir, Francos de Montréal. Sous le soleil tapant (enfin), un plan simple. Assister au lancement du nouvel EP d’Ariane Zita, J’espère que tu vas mieux, pour ensuite se diriger vers le spectacle de Dead Obies. À go, on part!

Ariane Zita

Proche de la Scène Coors Light, deux gâteaux où il est inscrit « J’espère que tu vas mieux ». Si le public a d’abord hésité à se bourrer la face, quelques courageux ont osé se servir pour se sucrer le bec en écoutant les nouvelles pièces d’Ariane Zita. Déjà trois ans depuis son album bien accueilli Oui mais non. Trois années bien remplies, qui ont visiblement été très riches pour l’inspiration de l’auteure-compositrice-interprète qui a d’ailleurs donné naissance à son premier enfant. « Je suis super contente de lancer mon EP aux Francos, c’est pas rien! C’est un peu fou d’avoir enregistré ça 5 mois après la naissance de mon bébé, en plein post-partum! »

Sans bouder les pièces de son premier album, dont l’entraînante Soyons Sauvages, Ariane Zita nous a présenté ses nouvelles chansons avec enthousiasme. Entre les J’espère que tu vas mieux, Poudre, Larmes salées et Ile Dorval, Zita dévoile une nouvelle direction électro-pop intéressante, qui se marie bien avec les difficiles thèmes abordés. Si on parlait d’une remise en question et d’une période plus sombre dans les communications de ce nouvel effort, on comprend vite que ça va encore plus loin lorsque Zita prend la parole. « Cette chanson parle de dénonciation. Je n’ai pas fait exprès, mais ça concorde avec le contexte social. Des fous, ça peut donner de belles affaires. Comme de la musique. Voici Poudre. » 

Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Mention spéciale au duo avec Karl Houde, « le père de mes enfants. Euh, ben j’espère qu’il y aura des enfants! » pour la pièce Coucher dehors, la bande originale du film Les feuilles mortes mettant en vedette Roy Dupuis, Noémie O’Farrell et Audrey Rancourt-Lessard. Avec une complicité palpable, les collaborateurs et amoureux ont tiré des larmes de certains spectateurs qui se sont essuyés les yeux furtivement. Alors, mission accomplie? Oui, absolument. Ariane Zita est de retour en force, et on a déjà hâte d’en entendre plus.  (Mélissa Pelletier)

Dead Obies 

J’ai remarqué que les foules réagissaient, à certaines exceptions près, de la même manière que moi à la température. Je deviens maussade et introspective lors d’averses en grisaille et je suis plutôt en mode sortie avec mes chums de filles, soirée d’pitounes au centre-ville quand il fait une chaleur de cuisses qui frottent. C’est ce qu’on était, une petite gang au centre-ville, et notre périple a débuté avec la douce voix d’Ariane Zita. Il s’est ensuite poursuivi brièvement vers la scène Loto-Québec, où une foule compacte du maudit s’abreuvait des paroles de Boum Desjardins. « Tu m’manques, on a plein de choses à se dire, après la pluie le beau temps mais l’orage peut durer longtemps ». Ça c’est bien vrai Boum, on corrobore.

Puis, comme on dit un ventre vide absorbe vraiment moins bien les verres de vin à 4 $ qu’un ventre avec un petit fond, on s’est donc arrêtées à un kiosque de salades, tout juste après avoir rencontré un jeune fan de Dead Obies. Il avait aperçu les cocardes à l’effigie du groupe autour de notre cou, il nous a regardées des étoiles filantes dans les yeux. C’était son band.

21h tapante, la grande scène de la place des Festivals est presque remplie, Dead Obies monte sur scène. Ils sont accueillis comme des rois avec leurs suits blancs de lumière. Déjà l’énergie est à son comble. J’ai regardé autour de moi, il y avait ce couple vraiment enthousiaste qui se lovait en sautillant. Ils étaient beaux, je les aimais. Puis, j’ai aperçu Nicola Ciccone qui exécutait des allers-retours à ma gauche et je n’ai pas pu m’empêcher de songer à un remix de Je t’aime tout court sur le beat de Monnaie, la chanson que Dead Obies était en train d’interpréter. Je vous donne l’idée, vous en faites ce que vous voulez. Ça ne s’était finalement qu’avéré un bout partiel de la chanson, puisqu’elle a été reprise plus tard en début de rappel. Pourquoi? Aucune idée!

Le public n’a pas failli à son groupe fétiche, malgré le départ récent du rappeur Yes McCan. En effet, après avoir jeté un regard furtif à la foule, je suis allée m’informer et on m’a confirmé que la place était comble, c’est-à-dire quelque 30 000 à 40 000 festivaliers sautant joyeusement. C’en était assez pour faire revoler les verres de vins et les bouteilles vides de Madjack qui jonchaient le petit endroit où j’étais attablée.

Alors que des visages stoïques de mannequins de vitrine faisaient leur apparition sur l’écran arrière, en alternance avec un gros soulier de course, les gars d’une énergie festive entonnaient « Do or Die, j’rap un suicide, l’ennuie du $ud $ale, l’envie du supersize », issu de leur album Montréal $ud.

Photo : Frédérique Ménard-Aubin

À ma gauche, une bouille souriante me regardait. Je suis me présentée avec une assurance inutile, elle m’a donc demandé si on se connaissait. La réponse était négative. Qu’à cela ne tienne, quelques mots échangés plus tard elle me lance « Viens, je veux te présenter mon chum. Il joue dans Gazoline ». Ce dernier discutait de manière désinvolte avec un membre de Caravane. Ils se sont adressés à moi « Ouin, ben faudrait que tu te partes un band pour fit avec nous. Genre ça pourrait s’appeler Garagiste ou ben Char. Pétrole peut-être. » Je n’ai vraiment pas la tête de l’emploi, mais merci les boys, j’apprécie l’effort. Peut-être qu’on pourrait se revenir là dessus?

Derrière moi, encore Nicola Ciccone. En me retournant vers la scène, pour voir le rappeur Mike Shabb se joindre à Dead Obies le temps d’interpréter la chanson Réel, j’ai légèrement accroché Philippe Fehmiu accoudé au bar. J’espère que ce n’était pas du vin rouge dans son petit gobelet plastifié…

Alors que leur immense succès Where They At retentissait des hauts parleurs, laissant les fans dans un état de pure euphorie, la caméra noir et blanc captait l’avant-scène où la foule était à quelques cheveux près de flasher ses attributs. Le rap, ce nouveau rock.

Dead Obies a chanté consécutivement ses tubes très attendus Monnaie, Showbiz, Break et Tony Hawk, sur fond d’écran en lasers, pour le rappel.

Le public attendait patiemment ce spectacle et, à en juger leur réaction, ils n’ont pas été déçus. À y repenser, on aurait aimé avoir les impressions de Nicola à ce propos. Nicola, si tu nous lis, manifeste-toi. (Audrée Loiselle)

Audrée Loiselle et Mélissa Pelletier

Les Francos de Montréal, du 8 au 17 juin 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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