Crédit photo : Victor Diaz Lamich

Dimanche soir, Francos de Montréal. C’est du côté de Nicolet et Choses Sauvages que je me suis dirigée sans hésiter. Retour!

Nicolet

Nicolet, projet du multi-instrumentiste et coloré Etienne Hamel, présentait les pièces de son plus récent long jeu Hochelaga paru en 2017. C’est dans une désinvolture assumée que Nicolet s’est présenté sur scène. D’emblée, la foule a semblé connecter avec les cinq musiciens acolytes et malgré une synergie envoûtante, Hamel semblait déstabilisé par des problèmes que seul lui semblait percevoir. En effet, peu après le début de sa performance, il s’est adressé au public avachi sur le gazon et l’air béat, de la scène Loto-Québec « Vous permettez que je boive une bière? Toutes mes affaires chient chu désolé ».

Alors que j’essayais de me concentrer pour découvrir d’où venait son malaise, mon voisin de gazon m’a prise pour cible dans le but d’entretenir une discussion, mais j’étais trop interpellée par la voix riche rappelant tantôt celle de Daniel Bélanger ou encore celle de Pierre Lapointe dans ses langueurs en finalité légèrement nasillarde. Malgré l’enthousiasme tangible de la foule attentive, Hamel s’est vautré dans cette sensation d’être à côté de la plaque, et ce durant les quelques 50 minutes qui ont constitué la prestation. Peut-être que pour le mélomane féru du projet Nicolet, sensible aux subtilités de leurs albums et fin connaisseur des particularités au détail, les incohérences redoutées étaient décelables. M’enfin.

Nicolet a terminé le spectacle en scandant « Merci tout le monde c’était le cauchemar de Nicolet aux Francofolies de Montréal 2018 ». Et bien, tu étais le seul rêveur de ton navire en détresse. Là où l’expression « The show must go on » prend tout son sens. C’était tout de même un défi relevé pour Nicolet, alors que mélodies accrocheuses, lignes de drum, vibrations électriques et synthétiseurs, sur fond indie-pop, se mélangeaient au charisme affriolant des membres du « cool boys band ».

Choses Sauvages

Je me suis ensuite déplacée vers la scène Hydro-Québec pour écouter les chansons d’une autre formation qui attire l’attention. Celle aux pointes eighties, qui s’est entre autres fait connaître dans l’une des publicités de Barbies Resto Bar Grill. Choses Sauvages s’est produit sur ce nouvel emplacement scénique (angle De Maisonneuve et Jeanne-Mance), qui ma foi prodigue un acoustique optimal pour un spectacle extérieur. Sa disposition en angle agit un peu comme un lieu clos, où la musique reste en suspend.

Le chanteur à la hanche frivole, Félix Bélisle, a livré une performance solide et assumée. Avec une présence indéniable, Bélisle se mouvait sur scène en maniant divers instruments tour à tour, alternant entre tambourine et flûte traversière. Pendant que tout le band s’éclatait sur scène et que la foule réchauffée se balançait en tapant du pied, un petit couple grisonnant assis près de la scène se partageait un petit jus d’orange cartonné, le bonheur dans l’âme. Comme quoi tout le monde pouvait y trouver son compte. Ce quintette électrisant, nouvellement signé Audiogram, est définitivement à surveiller.

Audrée Loiselle

Francos de Montréal, du 8 au 17 juin 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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