La foule en attendant le spectacle de Klô Pelgag. Essayez d’y trouver l’auteur de ces lignes! / Photo : Benoit Rousseau

La soirée de dimanche des Francos offrait tout un programme pour les intrépides qui avaient envie d’écouter de la musique francophone, incluant Nicolet, Choses Sauvages et Claude Bégin, pour n’en nommer que quelques-uns. Notre dévolu s’est plutôt jeté sur deux performances aux antipodes plus tard en soirée : Klô Pelgag et Oktoplut. Parce que pourquoi pas?

Klô Pelgag et l’Orchestre du temple thoracique

Le 10 juin 2017, Klô Pelgag présentait pour la première fois son spectacle orchestral ( avec 35 musiciens, rien que ça!) au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, devant un public conquis d’avance. Depuis, l’excentrique auteure-compositrice-interprète a accumulé quelques Félix, mais n’était jamais retournée sur scène avec tout l’orchestre… jusqu’au 10 juin 2018 où elle a pris d’assaut l’imposante scène Bell à 21h devant des milliers de personnes.

C’était donc une prise 2 pour Klô Pelgag et son public curieux, venu nombreux pour l’occasion. Ceux qui ont assisté à la représentation l’année dernière se souviennent de la longue introduction instrumentale qui risquait de perdre quelques auditeurs avant même que la chanteuse monte sur scène. Elle est demeurée intacte, mais l’attente a valu la peine et Klô Pelgag a, comme à son habitude, livré la marchandise autant par son talent musical que pour le divertissement qu’elle procure immanquablement dans les temps morts. Et mention à son space suit qui allume, en passant.

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Tout de même, une interrogation a frappé en voyant l’Orchestre du temple thoracique dirigé par Nicolas Ellis (chef assistant à l’Orchestre symphonique de Québec) sur la scène Bell : est-ce qu’un orchestre aussi massif était nécessaire dans le contexte d’un spectacle extérieur? La plupart des arrangements auraient aisément pu être rendus par un quatuor à cordes et deux ou trois brass en plus du band régulier, mais il faut avouer que c’est pas mal plus impressionnant de voir sur écran tous ces violonistes qui bougeaient leur archet en même temps (parce qu’en bas de la scène, on ne voyait pas grand-chose, malheureusement!). On assume que le but du spectacle était peut-être un peu d’épater un public non initié à cette chose souvent effrayante qu’est la musique classique et de rendre le tout plus comestible à l’aide des mélodies sympathiques de Klô Pelgag. À juger le nombre de spectateurs attentifs qui étaient massés devant la scène, on peut supposer que c’est mission accomplie! Un investissement très rentable de la part des Francos!

Oktoplut

Le spectacle n’étant pas encore terminé à 22h, on a quitté l’abondante foule pour se rendre plus loin, devant la scène SiriusXM pour écouter Oktoplut. En marchant, il a été possible d’entendre un festivalier confus se demander si « ça se dit plute ou plote ». Pas de doute, on était dans la bonne direction.

La différence d’ambiance était complète. À deux, les gars d’Oktoplut déplaçaient pas mal plus de décibels que Klô Pelgag avec leur son agressif, mais entraînant, et le public était bien au rendez-vous, même si on pouvait déjà un peu plus circuler. Un des gars a vite avoué que c’était la plus grosse foule devant laquelle le groupe avait joué. Ça tombait bien, parce qu’Oktoplut avait quelques surprises en banque pour son public.

Déjà, l’équilibre fragile entre les morceaux aux mélodies plus accrocheuses et les chansons où on s’époumone semble avoir été atteint. Plusieurs personnes se sont déplacées après avoir écouté Le démon normal, et c’est en grande partie ce qu’Oktoplut a livré, jouant avec succès son extrait Héros ou ennemi et, dans une moindre mesure, Le calme pivote que plusieurs connaissent.

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La plus grosse surprise du set, c’était aisément l’arrivée sur scène de trois autres musiciens pour ajouter de la lourdeur à l’ensemble. C’était peut-être une question de mixage, mais on n’a pas eu l’occasion d’entendre toutes les subtilités qu’auraient dû offrir Oktoplut en quintette, sauf quand un deuxième drummer ajoutait de l’intensité au rythme de Larry dans une chanson en particulier. En tout cas, c’était beau à voir et on en aurait redemandé! Le groupe, visiblement ravi, a quitté la scène tout juste avant 23h. Gageons que les gars se souviendront longtemps de cette soirée!

De notre côté, on reprend notre souffle quelques jours, et on se redonne rendez-vous cette fin de semaine pour la suite et fin des 30es Francos.

Suivez notre couverture tout au long du festival.

– Olivier Dénommée

Les Francos de Montréal, du 8 au 17 juin 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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