Crédit photo : Victor Diaz Lamich

Annoncé depuis octobre dernier (soit avant même la sortie officielle de l’album L’Étoile thoracique le 4 novembre 2016), le spectacle orchestral de Klô Pelgag à la Place des Arts promettait beaucoup : un orchestre de 35 musiciens dirigé par Nicolas Ellis (chef assistant à l’Orchestre symphonique de Québec) jouant les arrangements signés Mathieu Pelletier-Gagnon des chansons tirées de la dernière œuvre de sa sœur. Bref, c’est tout un programme qu’on nous proposait.

Crédit photo : Victor Diaz Lamich

Il faut déjà dire que si L’Étoile thoracique de Pelgag perdait un peu du côté accrocheur de L’alchimie des monstres qui avait conquis tout le monde, ici comme outre-mer, ses prétentions orchestrales ont toujours été très évidentes. Personne n’avait de difficulté à imaginer un orchestre appuyer l’excentrique auteure-compositrice-interprète. La question était de savoir quelle place occuperait ledit orchestre. Après une intro aux tendances contemporaines qui a mené, après quelques longues minutes, à Samedi soir à la violence, l’artiste est arrivée sur scène, pour s’asseoir au piano. On ne l’a pas sentie immédiatement à l’aise, et les premières minutes de son spectacle ont semblé beaucoup moins précises que ce à quoi on était en droit de s’attendre. Au moins, le rythme s’est précisé assez rapidement, pour le bénéfice du public, majoritairement vendu d’avance.

Klô Pelgag et ses nombreux acolytes ont interprété intégralement L’Étoile thoracique, variant entre des morceaux archi-mélodiques et des interprétations plus osées. Dans tous les cas, ça se défendait très bien. Les moments faibles? Lorsque l’artiste s’adressait à la foule entre les chansons. Elle nous a habitués à ses commentaires absurdes et à son attitude tête-en-l’air, mais il semble que cela clashait plus que jamais alors qu’elle avait un orchestre très rigide à côté d’elle. L’artiste a affirmé que ce spectacle était une « célébration de la musique », et on aurait bien aimé que cela le soit encore plus, en limitant les interventions aux effets mitigés, même si certaines répliques étaient très réussies. Il faut dire que même si elle a toujours l’air d’improviser entre ses chansons, elle a fait appel à Émilie Laforest pour l’aider dans sa mise en scène…

Autres réserves en vrac : le choix, audacieux, d’arranger l’album avec des orchestrations parfois plus recherchées était risqué, parce que le public cible de ce spectacle n’en était pas un friand de musique contemporaine dissonante. Visiblement peu habitué aux codes du classiques, le public a applaudi à des moments où le silence aurait été de mise, et a oublié de le faire entre deux chansons, ne saisissant pas très bien la transition. Aucun doute que la salle (presque) comble du Théâtre Maisonneuve a bien apprécié ce qu’elle a entendu, mais qu’elle n’a probablement pas tout compris.

Finalement, merci de ne pas essayer de faire croire qu’un rappel n’avait pas été planifié. Quand on s’appelle Klô Pelgag et qu’on remplit le Théâtre Maisonneuve, il ne faut pas se surprendre que le public se lève pour en redemander à la fin. D’ailleurs son rappel, Les corbeaux, tiré de son premier album, mettait un joli point final en solo après en avoir eu plein les oreilles pendant près de 85 minutes.

Bref, il faut dire les choses telles qu’elles sont : Klô Pelgag est une grande artiste qui a offert une performance dont plusieurs se souviendront très longtemps.

Crédit photo : Victor Diaz Lamich

Première partie : Mon Doux Saigneur

Pour réchauffer la salle, Klô Pelgag a fait appel à Emerik St-Cyr Labbé, alias Mon Doux Saigneur, seul avec sa guitare. Choix étrange, comme son folk-blues déprimant avait peu en commun avec la pop alternative de la vedette de la soirée. Il a joué pendant une vingtaine de minutes, annonçant du même coup la sortie dès septembre d’un long jeu. Cela risque d’être à surveiller : comme sur scène, il avait un petit quelque chose de Fred Fortin (surtout musicalement), mais aussi une attitude similaire à celle de Vincent Roberge (Les Louanges). Dans un autre contexte, cette première partie aurait été très efficace, mais ici, la performance ne nous préparait pas adéquatement à ce qui nous attendait juste après.

– Olivier Dénommée

Le spectacle Klô Pelgag et l’Orchestre du Temple thoracique a eu lieu le samedi 10 juin au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts dans le cadre des FrancoFolies. Pour les autres spectacles de la programmation, c’est ici.

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