La chronique « La plume de l’autre » pousse à l’extrême certains clichés, certaines manières d’aborder la culture. Le mot d’ordre? On lit avec humour… et un grain de sel.

Je suis ici et maintenant. Je suis ici et maintenant. Je suis ici et… AAAH. Est-ce que je suis la seule à angoisser sérieusement en jetant un coup d’oeil à mon calendrier d’événements Facebook? Seigneur Dieu du Saint Ciel, si on y était fidèle, on irait à 4 expos, 5 spectacles, 3 pièces de théâtre pis une couple de 5 à 7 en passant (tant qu’à y être) chaque soir.

La question à travers ces cases d’anxiété sous forme de calendrier? Comment choisir? Ô toi Dieu du bon goût et du bon ton, on va où, quand et comment? On se taggue où, on parle de quoi à qui? On suit nos amis, nos goûts, les recommandations des Méconnus? On se divise, on se fait cloner, on explose en mille morceaux de présentéisme? Ou carrément – la solution la plus logique – on se cache dans nos couvertures en zieutant Black Mirror bien tranquille (au moins, on pourra en discuter avec les collègues)?

Ma FOMO, je la gère mal… Comme toutes mes sources de stress d’ailleurs. Dès que plusieurs amis sont allés à un show «malade-mental-my-god-t’aurais-jamais-dû-manquer-ça», dès que je lis une critique positive qui hisse le dernier show d’untel sur un pied d’estale presque trop haut pour être logique, dès que je réalise que j’ai passé quelques jours loin des salles des spectacles ou de la cûûûlture… Je panique un brin. Pour ne pas dire plusieurs brins.

À l’approche de la trentaine, pas encore zen avec ça? Que non, zéro pis une barre. Même si c’est correct un soir de ne pas avoir envie de se faire piler sur les pieds par tout le beau Montréal dans un show parce que l’appel du récurrage de bain est le plus fort. Même si c’est ben – ben – beau de mourir d’envie d’essayer la p’tite dernière de Marilou en lisant jusqu’à pas d’heure un vieux livre même pas recommandé par le Voir.

Le truc, s’en foutre? Peut-être. J’essaie, c’est clair. En me répétant régulièrement que la culture ne sauve pas des vies… Quoique. Oh, shit.

Namasté mesdames et messieurs. Namasté.

– La plume de l’autre