De gauche à droite: Rémi Chenette, Laurent Saint-Pierre, Clément Leduc et Dominic Lalonde. Crédit photo : Tiphaine Delahaye.

Le FME accueille pour la première fois le groupe Hologramme, cette formation en technicolor, toute nouvelle, toute fraîche, qui sent bon les primeurs de l’été. Des sons électroniques superposés à des instruments acoustiques se tordent, se contorsionnent au bout de leurs doigts. Laurent Saint-Pierre, Dominic Lalonde, Clément Leduc et Rémi Chenette s’amusent à démanteler les différents canevas qui composent leur répertoire. Les quatre garçons d’Hologramme forment un tout soudé, quatre têtes pensantes cachées sous des casquettes colorées; ludique et authentique, leur musique nous émoustille.

Tiphaine : Depuis combien de temps le groupe existe-t-il et comment vous êtes-vous rencontrés?

Clément : On a créé le projet l’automne passé pour que l’album sorte en mai. À la base, c’est mon projet de création d’électro, les gars se sont greffés pour qu’on fasse un band plutôt qu’un projet solo.

Dominic : On dirait que notre processus est complètement inversé. C’est parti de maquette, mais après on est directement allés en studio et on n’avait encore jamais joué ensemble. On a appris à jouer les tounes une fois que l’album était fait. On a joué ensemble pour la première fois Noël passé.

Rémi : Je pense que l’esthétique était vraiment claire, on est tout de suite arrivé à quelque chose qui allait dans la même direction.

D. : Dans le fond, notre premier jam c’était au chalet à l’hiver dernier et l’album est sorti le 5 mai. Quatre mois après le lancement de l’album on fait notre premier FME.

C. : Ça s’est vraiment bien passé, les médias ont embarqué, tout le monde a embarqué dès notre premier show. Le lancement de l’album était sold out.

R. : Je pense qu’assez rapidement on a pris la même direction, je ne connais pas ces gars-là depuis si longtemps, mais autour d’une table je me sens comme avec des chums, pis on est bien et ça paraît en live, les résultats sont ce qu’ils sont.

D. : On est tous du même milieu, on est devenus des bons amis et encore plus avec le band.

C. : La chimie s’est créée, et quand j’ai monté le projet c’était important pour le band qu’on soit des chums.

D. : Maintenant, même quand on n’a pas de show, on est toujours ensemble, on se voit vraiment beaucoup, trop même, on est comme tanné…

 

T. : Quels sont vos influences, vos artistes de référence?

D. : On a tellement d’influences musicales! On a tous fait partie de projets vraiment variés, ça va du punk rock pour Laurent, au jazz pour Rémi, à du indie rock pour moi.

C. : Dans le son, ça va de Bonobo à Caribou, de Mister Valaire à Plaster, Ratatat, mais pour faire un projet électro tu peux tellement aller dans des directions différentes. Au début, c’était une affaire plus lounge, plus DJ, mais ça se porte vraiment mal en band.

R. : Je pense que la force d’avoir plein d’influences, c’est qu’on est capable de comprendre l’autre individu, tu sais que lui il a cette esthétique-là, donc je suis capable de jouer dans cette esthétique, c’est plus facile de reconnaître quelqu’un, c’est une force.

Laurent : On a vraiment des influences variées, on écoute toute sorte de musique. Dom, Clément et Rémi me font toujours écouter des affaires qui me sortent de ma zone. On écoute vraiment beaucoup de musique ensemble, puis on en discute, c’est vraiment important pour nous autres de bien se nourrir musicalement, de partager… confectionner une sorte de guide alimentaire canadien de l’oreille.

 

T. : Quels sont vos projets pour la suite?

D. : On est déjà allé au chalet pour composer le prochain album. En peu de temps, on s’est fait pas mal d’amis sur la scène québécoise et on commence à regarder pour avoir des featuring sur le prochain album. Ça va être un peu plus dansant, parce que plus on fait de shows, plus on remarque les pièces qui fonctionnent et on veut aller dans cette direction-là. On veut rester un groupe où t’as envie de venir pour faire le party, boire une bière, danser. Le prochain album va refléter ça, mais avec un côté un peu plus vocal, on va inviter du monde pour faire des trucs, on veut pas nommer de noms, car y’a encore rien de confirmé.

 

T. : Si vous aviez un groupe émergeant à recommander, ça serait lequel?

L. : Emilie & Ogden, elle joue de la harpe, elle chante, elle a des compositions vraiment malades, puis y’a une tournée avec elle qui s’en vient, c’est une découverte, je suis son premier fan.

D. : YokoFeu, c’est un show vraiment nice, et Anatole aussi, je les mettrais à égalité, c’est une belle découverte et on va probablement faire des shows avec eux cette année.

R. : FELP, Chienvoler et les Guerres D’l’amour.

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Hologramme sera en concert le 18 septembre à Québec au Pantoum et le 25 septembre à Freelug Berg au Beat & Betterave

Propos recueillis par Tiphaine Delahaye