LLA est en feu! Crédit photo : Christian Leduc

Samedi au FME, c’est jour de fête : dès la fin de la matinée, les festivaliers affluent pour les premiers concerts de la journée. Pour notre part, nous avions rendez-vous avec Hologramme, qui nous ont accordé une sympathique entrevue sous les arbres. Boulot oblige, ce n’est que vers 14h30 que nous avons rejoint la scène extérieure, juste à temps pour se remplir de la pop enthousiaste de Look Vibrant. La chaleur confinant la foule aux rares zones d’ombre, c’est devant un public très clairsemé que le duo, qui se présentait pour l’occasion en formation élargie, a livré ses chansons. Tâche ingrate que de devoir réveiller des festivaliers maganés par l’insomnie et les abus; Look Vibrant a pourtant livré une performance agréable, sur laquelle on aurait dansé volontiers n’eut été de la température digne des tropiques.

Puis c’était au tour d’Hologramme; le quatuor, malgré les contraintes de mouvement imposées par les claviers et autre matériel électronique, en imposait solide. La complicité entre les musiciens était palpable, eux qui se comparent, en entrevue, à un vieux couple polyamoureux. Il faut dire que la formation ne compte pas de chanteur pour voler la vedette, même si Clément, initiateur du projet, a offert un solo de keytar enflammé, bientôt rejoint à l’avant-scène par Dominic et sa guitare. Enfin, la foule, qui émergeait tranquillement de sa torpeur, a eu droit à une chanson du prochain album en exclusivité, petit morceau dansant à souhait qu’on a très hâte de réentendre. Donnez des jeux d’éclairage et une plage horaire plus nocturne à Hologramme et ils font exploser la salle, garanti.

L’amour au quotidien avec Saratoga

Comme une demi-douzaine de concerts ont lieu en même temps, les 5 à 7 au FME sont des moments de grandes décisions. Nous avons opté pour la musique folk et réconfortante de Saratoga, que Les Méconnus suivent depuis la parution de leur EP éponyme. Pour ceux qui ne les replacent toujours pas, Saratoga est ce duo composé de Chantal Archambault et de Michel-Olivier Gasse, deux prolifiques tourtereaux aux multiples talents.

Réunis autour d’un micro, accompagnés d’une guitare, d’un ukulélé ou d’une contrebasse, ils chantent mais surtout racontent des anecdotes tirées de leur quotidien et soulignent avec humour les grandes victoires et petites défaites de leur vie de couple. La voix folk, presque country, d’Archambault, et le talent de conteur de Gasse, également auteur, se marient à merveille et donnent à la performance intimiste une saveur chaleureuse. C’est doux, c’est bon, ça permet de se ressourcer un peu avant de foncer vers la prochaine destination : le show hip hop de la scène Paramount.

La sueur de Loud Lary Ajust

C’est une foule déchaînée qui a accueilli les trois jeunes hommes de LLA, qui se produisaient sur la scène Paramount de Rouyn-Noranda. Leur tournée Rap Queb Money Tour pour la sortie de leur album paru en octobre passé, Blue Volvo, a fait exploser leur côte de popularité, tant et si bien qu’on ne peut plus vraiment parler d’eux comme d’un groupe émergeant. Leurs bases sont solides, et ça s’est vu dans la performance incroyable qu’ils nous ont offerte hier soir. On a apprécié l’ouverture de la soirée avec Opulence Family, des rappeurs énergiques à suivre de près, puis Toast Dawg et ses invités (dont Yes McCan du collectif Dead Obies) ont chauffé la salle avant l’entrée en scène des trois Kids. Dégoulinants de sueur, des ressorts sous les pieds, Larry et Loud ont échangé avec leurs fans un flot de paroles virulent, faisant de cette expérience un moment unique. Voici un groupe généreux qui n’a pas peur de mouiller sa chemise.

Fin de soirée avec Das Mörtal

Vieux théâtre de Rouyn-Noranda – 3 heures 30 du matin

Le DJ canadien Das Mörtal prend le contrôle des platines et nous guide dans une transe extatique jusqu’au bout de la nuit. Personne n’est fatigué, tout le monde veut encore et toujours danser. Le nom Das Mörtal résonne dans nos oreilles et s’affiche de manière syncopée sur deux écrans où sont projetées des vidéos rétro colorées qui marquent le rythme. Dans nos cœurs, le son martèle à 200 pulsations jusqu’à 5 heures du matin.

Le FME n’a pas fini de dévoiler ses surprises, même si le dimanche s’annonce un peu plus tranquille, avec des spectacles de Safia Nolin, Seoul, Louis-Jean Cormier et, en clôture, de Kid Koala et de Galaxie. De retour demain pour la fin de nos péripéties en terres abitibiennes!

Tiphaine Delahaye et Chloé Leduc-Bélanger, article à quatre mains