On peut utiliser plein de mots pour parler de la dépression et de l’anxiété. Des mots scientifiques. Des termes médicaux. Des définitions psycho-pop. Des phrases un peu obscures/spirituelles. Catherine Lepage a choisi d’en parler avec peu de mots, mais beaucoup d’images dans son dernier livre Fines tranches d’angoisse, paru dernièrement aux Éditions Somme toute. Graphiste et illustratrice de formation, ce livre touchant et intime poursuit l’introspection entamée il y a quelques années avec 12 mois sans intérêt publié chez Mécanique générale en 2007.

Le texte du quatrième de couverture résume tout: “émincées et mises en images, les émotions sont tellement plus faciles à digérer.” Lepage décortique, pour elle, ce qu’elle ressent et appréhende lors de périodes plus dépressives, et tente de trouver les “chemins” qu’emprunte l’angoisse pour l’atteindre. Elle tente aussi de briser le tabou toujours persistant des maux de l’esprit, de la maladie mentale, pas celle qui nous empêche d’être nous-mêmes, mais celle plus perfide qui ne paraît pas toujours et qui fait tout autant de ravages. Elle résume à merveille les points faibles des gens anxieux en si peu de mots et avec tellement de justesse, sans jamais se positionner en victime, tout en restant réaliste et lucide face à ses problèmes. C’est d’ailleurs un des points forts du livre, il n’y a pas d’excuses, juste des sentiments, des images fortes pour les accompagner, des mots pour les expliquer, et une petite touche d’humour pour lier le tout. On en ressort même avec quelques petits conseils et une vision de la dépression et de l’anxiété plus réaliste parce que Fines tranches d’anxiété mets en image le quotidien de chacun.

Et les anxieux, n’oubliez pas :“La vie, c’est comme les bikinis: c’est fait de hauts et de bas et ça ne peut pas toujours bien aller.”

Une petite bande annonce a été créée pour promouvoir le livre et la voici:

– Elizabeth Lord

Fines tranches d’angoisse, Éditions Somme toute, Février 2014, 112 pages.