Je suis une féministe ; c’est un fait bien connu par ceux qui me côtoient. La preuve, je suis justement en train de lire l’excellent How to be a woman, par Caitlin Moran. Évidemment, pas le cliché (et si souvent irréel) de la féministe qui brûle sa brassière et qui tient des propos inutilement hargneux envers les hommes ; je suis simplement appréciative des œuvres faites par des femmes, particulièrement quand ces femmes ont contourné les stéréotypes de leur époques, de leur métiers, de leur société. Voilà donc pourquoi j’avais si hâte au spectacle Rose au cœur violet, présenté dimanche soir dernier au Lion d’Or dans le cadre du Festival international de littérature.

Parce qu’on oublie parfois que les auteurs surréalistes du début du 20ème siècle ne se composent pas que des André Breton, Philippe Soupault et des Paul Eluard de ce monde, Rose au cœur violet s’inspire et présente le travail de Claude Cahun, Leonora Carrington, Joyce Mansour, Alice Rahon, Nora Mitrani et Unica Zürn ; femmes à la poésie et à la prose inspirantes, tranchantes, parfois amères, mais toujours justes et qui ont, à leur manière, marquées leur temps – et le nôtre.

Au cours de la soirée, nous avons donc eu droit au travail de ces femmes (j’ai eu un immense, et marquant, coup de cœur pour le texte Sombre printemps de Unica Zürn), mais aussi, à plusieurs textes « miroirs » d’auteures québécoises (Véronique Cyr, Carole David, Karoline Georges, Christine Germain et Dominick Parenteau-Leboeuf), le tout interprété par Louise Bombardier, Violette Chauvreau, Christine Germain, Marika Lhoumeau et Isabelle Roy.

Bien sûr, le style surréaliste, à la fois sombre, aérien, abstrait et décousu n’est pas d’emblée facile ou au goût de tous, mais pour quiconque laisse son esprit (et ses oreilles) ouvert, ces mots d’une justesse et d’une beauté irrégulière prennent bien peu de temps à nous toucher.

– Marie-Paul Ayotte

Le Festival international de littérature se tient jusqu’au 29 septembre.