Photo : Victor Diaz Lamich

Après avoir vu la charmante Beyries dans trois différents contextes dans la dernière année (dans un bar, sur une scène extérieure et au Club Soda), il restait encore à la voir à la Place des Arts. Grâce au FIJM qui l’a invitée à jouer au Théâtre Maisonneuve jeudi soir, c’est maintenant chose faite. Le public a eu droit à une soirée magique où l’amour venait de toutes parts. Retour.

Le défi était d’arriver à surpasser la soirée mémorable que Beyries et ses complices avaient livrée à POP Montréal l’an dernier. L’ambiance du Théâtre Maisonneuve était très différente de celle du Club Soda, et c’est ce qui a été exploité jeudi devant un public attentif et conquis d’avance. À peu près tout le monde semblait connaître les chansons par cœur (ce qui est plus facile quand on a encore qu’un album!) et les musiciens en ont profité pour livrer des versions plus planantes, idéales pour une salle comme celle-ci. Pour l’occasion, elle était accompagnée de quatre musiciens et de trois choristes.

Les spectateurs ont applaudi presque chaque début de chanson, mais le début de spectacle avait peu de surprises à offrir au public… jusqu’à ce qu’elle invite Safia Nolin sur scène le temps de deux chansons : Wondering en duo (on a découvert que Safia a une voix magnifique en anglais), puis une de ses propres compositions pendant que Beyries s’est mise à l’écart avec les choristes. Ce moment était la façon pour Amélie Beyries de lui dire merci d’avoir accepté qu’elle fasse ses premières parties avant qu’elle connaisse lui-même la gloire dans la dernière année et demie. Un beau moment plein de tendresse comme il n’en a pas manqué au Théâtre Maisonneuve (la chanteuse a répété souvent qu’elle y était, comme si elle avait besoin de se convaincre elle-même!).

Seconde surprise : la mise en scène de Je pars à l’autre bout du monde, qui a commencé comme une version minimaliste et qui s’est transformée en voyage à travers la salle, donnant tout son sens aux paroles. La troisième grande surprise de la soirée a été sans contredit J’aurai cent ans avec un invité spécial. Maxime Le Flaguais, auteur des paroles, est arrivé un peu timidement sur scène et a commencé à chanter la partie de Louis-Jean Cormier. Il n’est pas aussi bon chanteur que Cormier, mais a donné avec Beyries un des moments les plus touchants de la soirée. Les gens semblent avoir bien apprécié l’attention.

Ils ont aussi bien apprécié l’interprétation vocale de Along the Way, exploitant un comique cliché country de la voix nasillarde, et la reprise de la fameuse chanson To Love Somebody (que Beyries a associé à Nina Simone, mais qui a été composée par les Bee Gees) qui a incité tout le monde à se lever. Lorsque la chanteuse et ses musiciens ont quitté la scène sans jouer The Pursuit of Happiness, on a vite compris que le rappel n’était pas loin. Elle est revenue pour interpréter Si j’étais un homme (Diane Tell) et, après une motivante invitation à être soi-même, The Pursuit of Happiness. Une fin parfaite pour une soirée chargée en émotions. Car les émotions, elles sont venues de partout : de la salle à la scène et vice-versa, mais aussi entre les musiciens, tous très proches de la chanteuse.

Après une telle soirée, on se demande : si elle ne sort pas un deuxième album bientôt, qu’elle serait la prochaine étape pour Beyries? Aurait-elle des visées symphoniques comme d’autres artistes québécois? Ce sera à suivre, mais en tout cas, bonne chance pour battre cette intensité vécue au Théâtre Maisonneuve!

Première partie : Alela Diane

Le FIJM semblait présenter cette soirée comme un plateau double folk entre Beyries et l’Américaine Alela Diane, qui a lancé plus tôt cette année un sixième album en carrière. Mais en pratique, Diane n’a joué que 45 minutes, simplement accompagnée d’une violoniste/choriste pendant qu’elle jouait tantôt au piano, tantôt à la guitare. Elle n’est pas venue à Montréal depuis des années, mais en a profité pour jouer les chansons de sa dernière offrande Cusp. La chanteuse s’est montrée charismatique et brillante, mais n’a pas réussi à connecter avec le public comme Beyries a réussi à le faire par la suite.

Le Festival international de jazz de Montréal, du 28 juin au 7 juillet 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

– Olivier Dénommée

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