Justin Laramée et Marcelle Dubois. Crédit photo : David Ospina

Hier au théâtre Aux Écuries a eu lieu un beau de lancement de programmation : celui de la 14e édition du Festival du Jamais lu. Cet avant-goût en a titillé plus d’un à en juger par l’enthousiasme général.

Marcelle Dubois et Justin Laramée, co-directeurs artistiques du festival, ont bien mené la danse dans ce dévoilement d’extraits et d’auteurs, mais aussi de la ficelle qui unit ces projets : l’appartenance. S’appartenir dans son individualité et le collectif. S’appartenir en tant qu’être dans un espace. S’appartenir dans une définition qui n’en est pas une. Leur éditorial respirait l’engagement.

« Les auteurs du 14e Jamais Lu sont des traits d’union magnifiques qui se glissent entre l’intime et le collectif avec leurs textes, ils vous offrent des appels à rétablir nos droits à notre histoire, à notre modernité, à notre langue » M. D. et J. L.

En plus d’être la ligne éditoriale de cette édition, S’appartenir avec un E est aussi la soirée d’ouverture qui réunit huit femmes de générations différentes. Affublées de leur voix et de leur langage, elles tentent de répondre à la question « Qu’est-ce que s’appartenir, ici, maintenant en 2015 ? » Dans un effet miroir et de dialogue, Justin Laramée et ses six invités prendront la parole sur la féminité dans (Y) Tenir, la soirée de clôture. Laramée nous avoue qu’il cherchait quelque chose de dangereux, on veut bien le croire.

L’audace fait partie de ce foisonnement théâtral qu’est le Jamais Lu qui explore les imaginaires émergents de nos créateurs, leurs paroles engagées et leur expression dramaturgique. Dans le cocon des premiers jours de mai, 13 performances résonneront de cœur et de volonté Aux Écuries. Parmi elles, Le show du non-exil d’Annick Lefebvre et Olivier Sylvestre : élever son histoire au rang d’épopée même lorsqu’on n’a pas vécu le déracinement. Je suis curieuse de découvrir cette appartenance originelle.

Éric Noël sera l’interprète de Ces regards amoureux de garçons altérés. Pour lui, s’appartenir, c’est « accepter, assumer et apprendre à vivre avec » qui nous sommes. La pièce est celle d’une confession, un monologue nécessaire lorsqu’on arrive à un point non retour. Marco Collin et Philippe Ducros nous offriront Réserves/Phase 1 : La cartomancie du territoire. Un devoir de mémoire débuté par la traversée du Québec et de ses réserves. Un devoir d’appartenance.

Je pourrais tous les citer. Faites comme moi et prenez un forfait. Pour la programmation complète, les dates de la nouveauté très sympathique Les soirs de scotch, je vous invite à visiter jamaislu.com.

Rose Carine H.

Le Festival du Jamais Lu a lieu du 1er au 9 mai au théâtre Aux Écuries.