Image tirée du film Hubert de Givenchy, un destin Haute Couture

La 34e édition du Festival international des films sur l’art (FIFA) s’est terminée dimanche sonnant l’heure de remise des prix. La collection qui n’existe pas de Joachim Olender, documentariste belge, remporte le Grand prix du festival. Un Grand prix mérité pour un film hautement intéressant et drôle mettant en vedette Herman Daled, collectionneur malgré lui et fascinant personnage. La collection de Daled, acquise par le MOMA en 2011, devient une bien belle excuse pour faire un peu l’histoire de l’art actuel.

Cette édition du FIFA présentait sur dix jours 170 films de 25 pays différents. Bien sûr, nombre de ces films sont plutôt de longs reportages conçus pour la télévision française et il y a lieu de mettre en doute leur présence dans un festival international. Cela dit, c’est encore un festival important, un lieu rare où s’ouvre la discussion sur tous les arts, les artistes et l’histoire de l’art.

Trois coups de cœur 

Le grand rêve du petit Champlain de Isabelle de Bois :

Un documentaire sur le sauvetage par Gerry Paris, homme d’affaires, et Jacques de Blois, architecte, du quartier Petit Champlain à Québec. Réalisé par la fille de Jacques de Blois, le documentaire est sympathique et intéressant. Plus pour la petite histoire et les personnages croisés que pour la réalisation qui manque tout de même un peu d’originalité.

Hubert de Givenchy, un destin Haute Couture de Éric Pellerin :

Peut-être parce que j’ai un faible pour les documentaires sur le milieu de la mode, ai-je adoré celui sur Hubert de Givenchy? Un film bien mené, avec beaucoup d’images d’archives et une longue entrevue avec le couturier. On y parle d’amour du tissu, de mannequins fétiches et d’Audrey Hepburn.

Our Gay Wedding: The Musical de Tim Van Someren :

Un film surprenant qui n’est pas vraiment un documentaire sur l’art ni un film d’art… Mais bien, comme l’indique le titre, un film de mariage en forme de comédie musicale. Benjamin Till et Nathan Taylor, un compositeur et un acteur se sont marié le 29 mars 2014, jour de la légalisation en Angleterre et au pays de Galle du mariage gai. La cérémonie est une excuse ou un point de départ pour cette comédie musicale sur l’importance de ce moment, de cette date. Par des rappels de quelques évènements historiques de cette lutte à poursuivre vers l’égalité et par des témoignages bouleversants de membres connus (Boy Georges, Kylie Minogue, Olivia Newton-Jone,…) ou moins connus de la communauté LGBT, le couple nous rappelle de façon très « Camp » que le privé est politique. Il faut voir ce film juste pour cet homme qui rappelle qu’au milieu des années 1980, le sida faisait tomber tous ces amis et qui dit avec émotions: « We were frightened, we were lonely and we were blamed ». Un film pour pleurer comme on pleure dans tous les mariages (plus même) et pour rire quand l’un des époux chante : « Why a wedding? Because this is sooooooo gayyyyyy!!!! »

Maude Levasseur

Le Festival international des films sur l’art se tenait du 10 au 20 mars 2016 dans plusieurs salles de Montréal.