Crédit photo : Maxime Delisle

Six heures de route et des courbatures plus tard, on n’avait qu’une seule envie : se dégourdir les jambes en écoutant de la musique qui déménage. Bernard Adamus, avec son folk déjanté, était le musicien tout indiqué pour nous faire bouger.

Cent fois plus entraînantes que sur son album Sorel Soviet So What, ses chansons ont fait lever la foule, déjà éméchée même s’il n’était que 22 h… À Tadoussac, pas le temps de niaiser! Si le public montréalais est reconnu pour son attitude hipster blasée, l’enthousiasme était à son comble sur le site Belle Gueule. Les gens se frenchaient à pleine bouche, dansaient comme des fous et buvaient plus qu’à la Saint-Jean. Amadus lui-même fumait sa clope et buvait sa bière sitôt que ses musiciens prenaient le relais.

Coït interrompu

Rares sont les shows qui lèvent du début à la fin, mais Bernard Adamus a réussi cet exploit. À certains moments, on avait même l’impression d’entendre Les Colocs tellement la musique devenait festive. Le son folk s’est transformé en rock garage le temps des chansons Les pros du rouleau et Brun (La couleur de l’amour), et des spectateurs faisaient du bodysurfing pendant que le chanteur gueulait ses paroles. Bref, c’était épique.

Bernard Adamus nous avait bien avertis que son spectacle serait court (« Tadoussac, toi pis moi, ça va être rien qu’une heure ce soir, ça va ressembler à un coït interrompu! »), mais on en aurait pris plus, surtout après sa superbe interprétation solo avec harmonica de 2176, une chanson tirée de l’album No 2. Mais festival oblige, c’était le temps de laisser la place à la relève.

Ah oui, encore!!!

La barre était si haute après une telle performance qu’on ne s’attendait pas à grand-chose en se rendant au Café du Fjord pour entendre le groupe ontarien Pandaléon. Mais on a été agréablement surpris par le rock atmosphérique de ce trio très solide musicalement. Si l’on se fie aux applaudissements frénétiques, on peut dire que les quelques chanceuses et chanceux se trouvant dans la salle ont tripé fort sur les pièces issues de l’album Atone. On a tellement aimé le band qu’on va retourner le voir ce soir à 23 h. Pourquoi bouder son plaisir.

Jamais deux sans trois, on a aussi beaucoup apprécié la formation suivante, Busty and the Bass. Ce collectif de neuf musiciens de McGill possède un indéniable sens du spectacle : pendant que certains se déchaînaient sur leurs instruments, d’autres dansaient ou entraînaient la foule. Leur talent musical ne fait aucun doute, mais côté vocal, ça aurait pu être mieux. D’abord, le mix de hip-hop et de jazz était plus ou moins heureux; ensuite, le chanteur criait les paroles plus qu’il ne les chantait, ce qui contrastait trop avec la musique. N’empêche que la formation, avec son électro-soul tantôt planant, tantôt dansant, a réussi à réchauffer la foule même s’il ne faisait que quelques degrés Celsius au-dessus de zéro à minuit.

Conclusion : après une seule soirée au Festival de la Chanson de Tadoussac, on a déjà fait deux belles découvertes (Pandaléon et Busty and the Bass), et on est tombé en amour avec Bernard Adamus. Et ce n’est que le début!

Edith Paré-Roy