Crédit : Nathalie Dion

Se rendre au Festival en chanson de Petite-Vallée, ce n’est pas de la petite bière :  6 h 30, bagages et cernes comprises, embarquement au pittoresque Métro de Longueuil pour un tour de char – conduit par Rénald, 74 ans, «qui n’a pas dormi de le nuit » et pas moins de vigueur sur la pédale pour autant – qui allait s’avérer des plus épiques. Watch out la Gaspésie, les journalistes – et nous, Edith et Mélissa – étaient en route pour zieuter les Klô Pelgag, Dumas, Sarah Toussaint-Léveillé, Amylie… et autres talents.

7 h 30. Mine de rien, on a bien juste 3-4-5 heures de sommeil dans le corps (selon la tolérance au risque de chacun). Et ça dort, ou ça essaie d’expédier des textes tant qu’à être pris des heures sur la route. Stéphanie Richard, la relationniste derrière le festival, mange sa première biscotte.

11 h. La relationniste Maude brave tous les interdits et décide d’aller dormir dans la valise (pourquoi pas, hein)! Stéphanie y va d’une quatorzième biscotte.

13 h. Arrêt au restaurant Bon voyage (eh bien, merci restaurant)! Stupeur générale en apprenant qu’une carcasse a perdu sa salade aux nouvelles. No joke, c’était vraiment ça la nouvelle. Entre cafés et bières, ça jase des trucs à voir à Petite-Vallée.

14 h 30. Fou rire général. On en revient juste pas de l’histoire de la « carcasse sans salade». Le manque de sommeil commence à cruellement se faire sentir. Suvivra-t-on en chemin? Biscotte no. 15 002 en cours de dégustation.

17 h 30. Arrivée à Petite-Vallée. Libération de la van après un stretch de 5 heures sans arrêt. Quand Rénald va à quelque part, il y va. Fébriles, on se demande tous où on sera logées avant de pouvoir profiter du spectacle de La Petite École de la chanson, à 20 h.

17 h 45. On est toujours arrivé-e-s.

18 h 15. Toujours fidèles au poste. Arrivé-e-s. On nous rassure en nous vantant l’« horaire Gaspésie ». C’est noté! Direction notre maison à Saint-Yvon, vaguement lointaine contrée du festival. C’est une vaillante Aline qui nous accueille chez elle, de bien bonne humeur. Elle nous présente Marc Caron, sympathique maire de Cloridorme, qui nous indique bien clairement après les salutations d’usage et lui avoir indiqué que nous sommes journalistes « de ne pas vous en faire ça, il n’y a pas de sous-métier. » Merci Marc.

19 h. Souper. ENFIN. Stéphanie est proclamée « Madame Biscotte ».

Crédit : Eli Bissonnette et Jeanne Joly

20 h. C’est avec plus de scepticisme que d’enthousiasme qu’on s’est rendues au Grand chapiteau pour entendre le chœur d’enfants de la Petite École de la chanson interpréter les chansons des Sœurs Boulay. Si nos attentes étaient aussi peu hautes que les petites chanteuses et petits chanteurs se tenant sur la scène, on doit dire qu’on a été plus qu’agréablement surprises par leur performance. Quelles voix! Malgré leur peu d’expérience côté chant – âge oblige! –, elles et ils étaient dans l’ensemble très doué-e-s. Aussi quétaine celui puisse-t-il paraître, il est difficile de ne pas avoir quelques larmes d’émotion en entendant plus de 300 enfants chantonner les paroles à la fois naïves et profondes des Sœurs Boulay. Et que dire du moment où les deux sœurs sont arrivées sur scène, « toutes rouges parce qu’elles avaient trop braillé »! Même un psychopathe aurait ressenti de l’émotion à ce moment-là.

Le spectacle aurait fini sur une bonne note s’il s’était terminé par la primeur des Sœurs Boulay chanté à la fois par elles et par le chœur d’enfants. Mais une deuxième partie a suivi avec les « hits » de Patrick Norman, interprétés par ce dernier et les enfants encore, mais avec moins de passion cette fois. La sauce s’est étirée pendant une quinzaine de minutes avant les applaudissements finaux. Qu’à cela ne tienne, on a tout de même aimé le spectacle dans l’ensemble, le trouvant touchant, en particulier quand Patrick (affublé d’un chapeau cette fois et non de son éternel bandana!) a demandé aux jeunes « Qui ici voudrait vivre de la musique plus tard? » et que toutes les mains des enfants se sont levées avec enthousiasme. Oh my, on se rejase plus tard les enfants?

23 h. Quelques bières plus tard, nous voilà au spectacle de Dumas. Au Théâtre de la Vieille Forge, le ton était lancé : le fun était de mise. Entre les succès Alors alors, Ensemble et Ne me dis pas, l’auteur-compositeur-interprète a été fidèle à ses chansons légères et sympathiques. Il faut toutefois lui donner ce qui lui revient : le gars est tout un entertainer. Il sait comment faire danser n’importe quelle âme qui passe son chemin, faisant même crier les spectateurs les plus timides de la place. Avant un sympathique rappel de « couvertures » de I’m Dancing With Myself de Billy Idol et All Night Long de Lionel Richie – et une tentative plutôt cocasse de chanter L’écrivaine « Oh my god, je ne dois pas avoir chanté ça depuis au moins 2000 » – , un homme enthousiaste s’est décidé à demander sa blonde en mariage sur scène. Moment d’émotion, ô que oui.

Maintenant, dodo.

Pssst. Au moment d’écrire ces lignes sur la terrasse du Théâtre de la Vieille Forge, un jeune Chopin y allait par-là avec l’ambiance musicale. Comme quoi le talent se trouve partout à Petite-Vallée!

Edith Paré-Roy et Mélissa Pelletier

Festival en chanson de Petite-Vallée, du 29 juin au 8 juillet 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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