Samedi le 26 août, downtown Salaberry-de-Valleyfield. C’est en formule trio de journalistes que nous sommes débarquées au Festival Artefact pour assister aux spectacles de MCC, Caravane, Geoffroy et The Franklin Electric. Une expérience qui s’est finalement avérée pleine de – disons – surprises. Retour sur une soirée endiablée, c’est le cas de le dire.

Ce qu’on a vu :

– Des bourgeois se faisant bronzer la bedaine – déjà brune très foncée – sur leur bateau, en se faisant bercer par les vagues… et la douce musique de Marie-Claudel Chénard (MCC, de son petit nom). Eh oui, comme sa prestation avait lieu au bar-terrasse La Cale, tant les festivaliers que les chanceux sur leur yacht ont pu entendre la jeune femme originaire de Valleyfield interpréter des chansons de son EP et des nouvelles compositions… toutes plus charmantes les unes que les autres. On aurait définitivement pris 30 minutes de plus de concert. MCC sera d’ailleurs en spectacle le 6 septembre au P’tit bar, à Montréal, et lancera un album sous peu.

– Une foule clairsemée pour le show de Caravane… Qu’à cela ne tienne, le band de blues rock s’est donné à fond, comme s’il se produisait devant des milliers de spectateurs enthousiastes, et a «tenté» d’enflammer la scène au son de mélodies se rapprochant parfois de celles du groupe La Chicane, parfois du heavy metal. Un drôle de mélange musical qui nous a rendu-e-s perplexes, mais qui nous a tous bien fait rire, au final. Au son de ses maracas, torse nu, le chanteur n’a pas hésité à se rendre dans la foule à de multiples reprises en criant fermement que le rock était mort ou «J’chante le sens dans el fuego/ Chant le sang dans el fuego/ J’chante le sens dans el fuego/ J’sens l’encens dans el fuego/ Sens le champ dans el fuego!! » Encore aujourd’hui, impossible de connaître les paroles prononcées si souvent. Le chanteur, qui se prenait – littéralement – pour Dieu, a « purifié » la foule grâce au pouvoir de ses maracas. « Ce n’est certainement pas la dernière fois qu’on vous voit », a-t-il conclu. Promesse ou menace, c’est selon.

Ce qu’on a entendu :

– Une rime avec « amène » et « amen ». Qui d’autre que le band Caravane pour un tel « coup de génie »?

– Des midinettes en chaleur au spectacle de Geoffroy. Il faut les comprendre… Le chanteur à la voix grave et sensuelle a (presque) fait un striptease, enlevant sa tuque et sa chemise entre deux chansons de son (excellent) dernier album, Coastline. Et ça criait, et ça sautait, et ça se pâmait devant l’auteur-compositeur-interprète qui, il faut le dire, a bien du talent en plus de sa belle gueule. À travers ses chansons folk, à la fois accrocheuses et assumées, Geoffroy se permet d’explorer divers genres musicaux, ce qu’il réussit très bien. Une belle découverte que nous allons suivre, assurément.

– Le discours le plus décousu de l’Histoire du spectacle, gracieuseté Jon Matte, le chanteur de The Franklin Electric : « Bravo champion! Je vais dire plein de trucs bizarres pour que tu penses que [il n’est plus capable de continuer sa phrase]. » Euh oui, en effet Jon, c’est bizarre.

Ce qu’on n’a ni vu ni entendu :

– La fin du spectacle de The Franklin Electric. Malgré le nom prometteur du band, la musique n’était pas électrisante. Au contraire, ça tombait à plat. Son folk-pop convenu, rappelant Coldplay et Arcade Fire, mais en plus fade, nous a plus assommé-e-s que donner envie de rester. Le conducteur désigné a même dû boire un café avant de se remettre en route, tant la performance du groupe l’a endormi. Laissons-lui le mot de la fin : « C’était vraiment dull comme musique. Ça aurait pu jouer dans une annonce de Pepsi. Ou pire, de Mountain Dew. » Rien de mieux qu’un peu de cynisme pour se remettre de ses déceptions et pour se remettre en route vers Montréal.

Pour nous, le Festival Artefact est un rendez-vous incontournable chaque année. Ce n’était peut-être pas sa meilleure soirée – il en faut bien -, mais l’événement n’a clairement pas à justifier sa pertinence. Avec son ambiance sympathique, la belle énergie des organisateurs et sa programmation à faire pâlir d’envie d’autres grands festivals, Artefact a encore et toujours des airs de revenez-y. Et on y reviendra, c’est clair.

Marie-Eve Leclerc, Edith Paré-Roy et Mélissa Pelletier

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