Klô Pelgag / Photo : Caroline Perron

Le Festif est fini. Le retour à Montréal le rappelle trop bien avec son temps pluvieux. Le changement de cadre joue dur sur le moral. Cette huitième édition aura été dense et fidèle à ce festival qui ne veut pas être le plus gros, mais le plus beau. Parions que gros, ça va continuer à le devenir malgré tout.

Donc, retenons un peu de la magie du weekend pendant qu’une tonne de retours journalistiques pourront être lus en ce début de semaine. Après un vendredi qui s’est vécu en crescendo, le samedi s’est fait plus rock dans notre parcours avec des artistes qui se sont révélés en quelque sorte dans leur performance, changeant l’idée qu’on avait d’eux lors des écoutes d’albums.

Peter Peter avec son allure qui semble dire « on ne me résiste pas », le petit gars de Jonquière plus connu en France a livré sous un soleil tapant des titres de son dernier album Noir Éden. Sauf que la performance live a montré un côté inconnu des chansons avec la présence d’une guitare plus fortement accentuée. Toujours aussi peu bavard, pleinement concentré dans son interprétation et ses déhanchés, l’artiste nous a partagé ses voyages intérieurs et la grande solitude qui traverse son dernier opus devant des gens qui, pour la plupart, le découvraient et qui, à la fin, étaient conquis.

Peter Peter / Photo : Jay Kearney

Il a fallu quelques pas pour rejoindre la cour du Pub Tony & Charlo. Les prestations de la relève s’y tenaient. Lydia Képinski ouvrait le bal, drapée dans son humour décalé. Gagnante de la dernière édition des Francouvertes, elle nous a assuré que nous, public, étions son prix. Elle est notre prix également, car sa performance solide sur scène montre l’artiste complète qu’elle est déjà. Sa voix est unique et ses compositions laissent transparaître l’écrivaine innovante autant que la chanteuse. En plus, elle est bien accompagnée. Blaise Borboën-Léonard, grandiose à l’alto, est venu ajouter des arrangements de cordes à l’univers rock de Képinski pour un résultat poignant.

Lydia Képinski / Photo : Rose Carine Henriquez

Bernard Adamus a été le suivant sur la scène Desjardins. Lui et ses instrumentistes doués comme pas possible. Il a su mettre la table pour Lisa LeBlanc et Daniel Bélanger qui suivaient plus tard en soirée. « Le party a pogné », comme on dit. Si bien que des brassières se sont retrouvées dans les airs. L’artiste était content d’être là et cela se voyait. Reprenant principalement ses chansons les plus connues, on regrette que le temps qui lui était accordé ne se soit pas étiré.

Bernard Adamus / Photo : Rose Carine Henriquez

Sous les coups de minuit, et pour notre dernier show de la soirée, nous retrouvons Klô Pelgag, pendant que d’autres festoyaient avec Rednext Level. Autre sorte d’éclatement. Attachante, colorée, excentrique, ce sont les mots qui nous viennent en tête alors que les pièces de L’étoile thoracique se font entendre et que la jeune femme de 27 ans sautille partout. On se fait aussi la réflexion que c’est une artiste qui a besoin d’espace comme pour respirer et se déployer; on l’aurait très bien vu sur la scène Desjardins, car c’est une grande assurément. Elle a suscité beaucoup d’amour, de reprises de chansons par cœur et de corps qui dansent.

Timber Timbre

Le festif est fini. En se dirigeant le dimanche matin vers Timber Timbre et sa vague mélancolique, on était déjà triste. D’ailleurs, pourquoi ce groupe en finale? Peut-être pour calmer nos émotions. Il ne faisait aucun doute : sa musique atmosphérique allait de pair avec le paysage et la sérénité du lieu. C’est comme si on reprenait notre souffle et que le temps s’arrêtait. Même en roulant vers Montréal, avec « Grand Canyon » en fond sonore.

Rose Carine Henriquez

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