Après avoir fait le tour de l’Europe,  le premier long-métrage d’Éric Falardeau, Thanatomorphose a enfin eu droit à sa première canadienne, ce lundi 22 juillet,  dans le cadre du festival Fantasia – il y avait péremption!

Inspiré, entre autres, par sa thèse de maîtrise portant sur le gore, la pornographie et les fluides corporels dans le cinéma, Éric Falardeau entraine le spectateur dans le confinement d’une jeune femme (Laura) que tout tire vers le fond. Usée  par de trop nombreux  lendemains déchantés, rien ne semble pouvoir combler le vide qui l’habite, sinon le sexe – qu’elle consomme dépourvu de chaleur et qui la laisse seule dans un lit froid,  duquel elle ne se lève que pour recommencer. Pour la plupart des gens, il aurait s’agit d’une passe, d’un mauvais moment à passer : pour Laura, les mauvaises décisions entraineront des conséquences qui, contrairement à l’expression : «n’auraient pas pu être pires».

Il y a des situations qui  pourrissent la vie; il arrive que l’on se comporte en pourriture et qu’on pourrisse celle des autres. Dans ces moments-là,  on se sent tellement vide que c’est comme si l’on était déconnecté, désincarné. Comme si l’on était mort et que l’on pourrissait littéralement de l’intérieur. Bien dans Thanatomorphose (2012), c’est exactement ça qui se passe.

Vous comprendrez donc que ce n’est pas le film idéal pour s’amener un lunch. Cela dit, mis à part les hauts le cœur qu’ils provoquaient ; non, en fait, exactement pour cette raison, j’ai été très impressionnée par la qualité des maquillages et des effets spéciaux qui venaient renforcer l’esthétique du film au lieu de rendre le tout dérisoire comme c’est souvent le cas dans les films à plus petit budget. Niveau dégoût d’ailleurs, mention spéciale aux effets sonores qui ont eut raison de ma volonté de demeurer digne durant le visionnement. Très ragoûtant la vision d’asticots se nourrissant à même le mamelon d’une nymphomane en état de putréfaction avancée  –  imaginez le son maintenant!

Bon, c’est dégoûtant, mais ça reste ironiquement de bon goût. Tant au niveau du contenu que dans celui du traitement de l’image, on sent un grand travail de recherche qui vient rendre fluide, «naturelle» et souvent, même, comique une situation qui est loin de l’être!

Avis aux intéressés, Thanatomorphose sera également projeté samedi le 3 août :

http://www.fantasiafestival.com/2013/fr/films-et-horaire/26/thanatomorphose

– Vickie Lemelin-Goulet