Afin d’oublier que Fantasia tire à sa fin, j’ai décidé de finir ma couverture du festival avec un commencement. Et oui, je me suis rendue à l’Impérial, ce lundi 5 août, pour la première du dernier film de Robert Morin.

Inspiré du roman du même nom de l’écrivain français Hubert Mingarelli, Les 4 Soldats vous plonge dans un Québec en pleine guerre civile. Si les causes du conflit sont plutôt nébuleuses, c’est qu’il s’agit davantage d’un prétexte pour vous mener à la rencontre de Dominique et de la famille atypique, mais viable qu’elle s’est fondée et qui a su la préserver du désespoir durant cette sombre période.

Robert Morin, qui nous a habitués à la provocation, dévoile ici une tendresse qu’on pouvait deviner dans ces œuvres précédentes, sans toutefois y avoir un accès direct. Alors que dénonciations et remises en question sont généralement moteur chez le cinéaste, ici c’est plutôt la question de la filiation qui prédomine. Morin l’a répété a plusieurs reprises lors de la présentation du film : l’aspect «conte» lui était primordial. C’est que ce mode de narration implique deux éléments essentiels du film : la transmission et une leçon à retenir.

Mais justement, que doit-on retenir?

Contrairement à une grande majorité de films où l’on tente de laisser le moins de temps morts possibles; contrairement à la vie quotidienne où l’on s’impatiente en attendant que quelque chose se passe, comme si «temps libre» était synonyme de vide; Les 4 Soldats, se nourrit de cet entre-deux, tente de le suspendre dans le temps. On ne sait pas trop comment l’histoire a commencé, non plus que quand ou comment elle se termine. J’ai perçu cette particularité comme une tentative de saisir un moment. Comme dans la vie, les relations, les histoires commencent comme elles finissent, sans qu’on puisse dire exactement quand et comment, mais on sait que c’est le temps qui file entre les deux qui compte vraiment.

Les directions artistique et photo peuvent se féliciter : la facture visuelle du film est impeccable, voire surnaturelle compte tenu du budget prévu pour le film. Les personnages sont criants de vérité et attachants au possible, mais la narration, tantôt en voix off, tantôt en aparté, de la principale vient créer une distance avec l’émotion crée par le jeu des acteurs. Sur le coup, cela m’a rebutée, mais après réflexion, j’imagine que cela vient refléter la distance que ressent Dominique vis-à-vis son souvenir qu’elle tente de se réapproprier.

Vous pourrez très bientôt vous faire votre propre opinion sur le sujet, car Les 4 Soldats prendra l’affiche à l’Excentris à compter du 16 août!

Vickie Lemelin-Goulet