Pour ma première couverture de l’édition 2014 du festival Fantasia, j’ai été on ne peut plus choyée en assistant à la première canadienne de Creep, un film signé Patrick Brice.

Prenant la forme d’un suspense où l’on se paie la tête du spectateur en le faisant tanguer entre stress et détente, allant même parfois jusqu’au fou rire, Creep avait le casting parfait pour être de la programmation.

Aaron (Brice) est un cinéaste qui sans être crève-faim, ne refuse jamais un contrat qui lui est proposé. Aussi quand une annonce mentionne une récompense de 1000$ pour filmer un homme qui n’a plus que quelques mois à vivre et souhaite laisser une vidéo à son fils à venir comme ultime souvenir, il saute sur l’occasion. Il le regrettera amèrement.

C’est que c’est tout un numéro ce Joseph! On aimerait donc avoir son aplomb, surtout devant un pareil destin… Mais cette douce folie, a aussi un versant sombre qui a le don de vous foutre les jetons un moment et de vous faire vous bidonner le suivant!

Comme Aaron a le mandat de le filmer, caméra à l’épaule, pendant toute une journée à travers ses déplacements et diverses excentricités, le spectateur partage son point de vue et se surprend à s’attacher à ce drôle de moineau tout en n’étant pas entièrement confortable à son contact. Avec raison!

Jouant sur les perspectives et sur le non-dit, Creep est un vrai bonbon. Derrière ses airs de film amateur, on ne peut nier une richesse dans la composition des plans, notamment par l’usage de la profondeur de champ qui, comme le reste du film, vous fait tantôt rire, tantôt avoir les chocottes!

À voir!

Vickie Lemelin-Goulet