Les films apocalyptiques sont à la mode et les films de zombies encore plus, à un tel point que cette année on a eu droit à la version comédie romantique avec Warm Bodies et à une publicité pour  Pepsi de deux heures avec Brad Pitt. Les bons films de mort-vivants/infectés se font rares et ce n’est pas très surprenant : comme beaucoup de sous-genres d’horreur, c’est une formule surexploitée dont tout le monde connaît les codes, qui ont peu changé depuis Night of the living dead. Pourtant, de temps en temps, on peut tomber sur des films originaux qui sortent du carcan avec un concept original, comme Pontypool, REC et cette année, le canadien Antisocial.

Le premier long-métrage de Cody Calahan suit une jeune adolescente qui vient de se faire quitter par son copain via Skype et qui décide de rejoindre quelques-uns de ses amis d’université pour fêter le nouvel an et se changer ainsi les idées. La fête intime commence, les fêtards partagent leurs photos sur les réseaux sociaux entre deux verres et finissent par se rendre compte qu’une épidémie sévit aux quatre coins du monde, causant des éclats de violence inexpliqués. Tous s’enferment dans une ambiance de paranoïa, et guettent les symptômes de ce nouveau mal dont les seuls informations disponibles leur apparaissent par le biais de la télévision et de leurs téléphones.

Ce huis-clos brillant met alors en scène de jeunes adultes avec leurs angoisses, désirs et hallucinations (très réussies) provoqués par le mal, se demandant ce qui est réel, et qui peuvent-ils croire vraiment. Si le jeu des acteurs n’est pas toujours à la hauteur, il convient tout de même pour ce genre de film, et l’actrice campant le personnage principal s’en sort très bien. La musique est assez réussie, surtout pour ce genre de film à petit budget. L’ambiance est parfaite, angoissante à souhait et très prenante. L’intrigue est très bien pensée et habilement exécutée. Les fans des films apocalyptiques seront servis par cette version rafraîchissante des récits de pandémie.

– Boris Nonveiller