Crédit photo: Marc Bruxelle

On trouve une proposition ultra-éclatée ces jours-ci au Théâtre La Chapelle. Le genre de pièce qui fesse, qui rend perplexe, qui soulève des questions. Mais qui se garde bien d’apporter des réponses. Et quand vient le silence… (on se rend compte que personne n’avait rien d’important à raconter) du Collectif Grande Surface fonce tête baissée dans la vacuité de notre société. Et vise bien. Très bien.

Une tente. Deux campeurs. Des commentaires. Deux cokes. Des guimauves aussi. Un discours vide, inutile. À travers la salle, des soupirs. De l’impatience, même. Et ça explose. De scènes en scènes, toutes plus intenses et étranges les unes que les autres, on explore les vices de la société. Les creux, les plis laids, les défauts. Et la beauté aussi.

Comment décrire Et quand vient le silence… (on se rend compte que personne n’avait rien d’important à raconter) de Rodrigo Garcia? L’image du dessin d’un enfant peut s’imposer, ou plutôt, vaguement expliquer. C’est beau, mais dur à définir. Un trait par-ci. Une rature par-là. Des éclats de couleurs vives ici. Un combat en habit de papier bulle sur le plancher, une chirurgie sur fond poétique, une mort annoncée dans un réfrigérateur à Coke, des projections vidéo percutantes, des beignes, beaucoup de beignes.

Avec un talent certain, les interprètes – Chloé Barshee, Jérôme Bédard, Véronique Lachance, Audrey Leblanc, Mickaël Tétrault-Ménard – se lancent dans le vide. La vacuité, le flou. Sans tabou, ils fouillent dans le néant, s’accrochent à des bribes de réalité, des moments de clarté et des instants de beauté pure dans tout ce manque de sens. Une pièce décalée, intense et – n’ayons pas peur du cliché – rafraîchissante.

– Mélissa Pelletier

Et quand vient le silence… (on se rend compte que personne n’avait rien d’important à raconter), du 8 au 12 décembre au Théâtre La Chapelle.