Crédit photo : Sarah Lachance

ZH Festival approche à grands pas! Cet incontournable de la scène émergente, qui roule sa bosse depuis déjà 10 ans (!), tiendra sa nouvelle édition du 17 juillet au 11 août 2018. Danse, théâtre, performances, musique… Quoi ne pas manquer? Aujourd’hui, phare sur la proposition Parc Lafontaine qu’on pourra voir à la Maison de la culture Maisonneuve le 20 juillet prochain. Entretien avec Félix Léveillé, l’auteur du spectacle.

Votre œuvre en quelques lignes?

Parc Lafontaine, c’est l’histoire de six personnes qui entrent en collision, à toute allure, sans jamais mettre un frein à leur course. Ils recherchent l’impact du face à face pour voir ce qui vibre encore sous leurs carcasses. Dit de même, ça l’air d’un show trash où on se tranche les veines mais loin de là. Ces six individus, assis sur leur banc de parc, ont un désir de se reconnaître vis-à-vis l’autre. Un besoin de partage immense qui passe aussi par la douceur, par la curiosité d’apprivoiser l’étranger. Ils ont tous une raison bien à eux de se retrouver là, dans le parc…Et plus la nuit avance, plus ils hésitent à en sortir.

Pouvez-vous nous expliquer votre processus créatif pour ce spectacle?

À chaque fois que j’écris, j’ai une sorte de récurrence dans mon thème principal. Je parle de vélocité. De combiner la direction à une notion de vitesse. Ça crée automatiquement un univers où les personnages partent du point A au point B, physiquement parlant. Des fois, c’est des trajectoires quotidiennes, d’autres fois des longues courbes extraordinaires. Avec Parc Lafontaine, je les fais traverser un parc, tout simplement. C’est dans le parc que les choses se compliquent. L’autre côté du parc, c’est leur point B, leur arrivée. C’est juste de plus en plus difficile pour eux de le garder en vue. Le texte a été soutenu par une résidence de création offerte par ZH Festival l’an dernier, à pareille date à Joliette. J’ai aussi eu la chance de participer à une résidence d’écriture du Centre des Auteurs Dramatiques (CEAD) cet hiver, qui a apporté beaucoup de pistes à explorer. À chaque fois qu’on lit le texte avec les comédiens, je me sers de leurs questionnements pour pousser le spectacle plus loin. Je les écoute beaucoup. Ils sont fantastiques.

Présenter une proposition à ZH Festival, c’est stressant, trippant, bouleversant… Ou toutes ces réponses?

Issssh… Je dirais pas mal un mix de tout ça? Fois mille? Je l’ai souvent fait comme comédien, mais de le faire comme auteur, ça te brasse en dedans d’une toute autre manière. Ce sont mes mots, une partie de ma tête, de mes craintes, de mes doutes, c’est de montrer ce que je trouve beau… Et c’est la première fois que je le fais…devant autant de monde. Devant de gens qui ne me connaissent pas aussi. Il y a du monde que ça énerve pas plus qui faut, moi, ça me travaille pas pire! Pour moi ce texte-là, c’est comme un plongeon, mais je ne sais juste pas encore quel type de plongeon : un qui ne bave pas, sans éclaboussure? Un piquet bien droit? Une grosse bombe qui arrose tout le monde? Mais un coup dans l’eau, peu importe comment c’est reçu, je vais être bien et je vais probablement avoir envie de sauter à nouveau.

Le ZH Festival est chouette parce que…

Parce que ça met le spot sur des gens qui débordent de créativité, de propos nuancés et originaux. Du monde qui teste du matériel, des idées qui peuvent devenir des grandes choses. C’est un endroit où on peut se commettre, avec toute la peur et l’excitation que ça peut amener. Des endroits comme ça, qui osent avec nous, il y en a pas tant que ça et c’est beau.

À quel spectacle risque-t-on de vous croiser?

Il y a le spectacle que mon ami Xavier Huard met en scène, Umanishish, qui me tente beaucoup. J’aime la proposition artistique de ce gars-là, son audace, sa touche de justesse. Sinon, Le Galant noyé, Qui veut la peau d’Antigone. Il y aussi L’amour au 21e siècle (selon Wikihow) qui a piqué beaucoup ma curiosité (en partie grâce à la vidéo de présentation de 15 secondes au lancement de ZH, un petit délice!). Il y a ceux-là, mais je risque d’en ajouter à ma liste, c’est certain.

Quel est votre rêve ultime d’artiste?

À vrai dire, je ne pense pas que j’ai un rêve ultime d’artiste à proprement dit. C’est plutôt juste le plaisir de voir des projets se concrétiser. C’est déjà immense pour moi. Je ne sais pas où ça va me mener. Commencer à en vivre un peu, ce serait déjà pas mal! Avoir un rêve ultime d’artiste, c’est peut-être trop unidirectionnel pour moi, c’est un but unique qui peut être un peu trop oppressant. Disons plusieurs petits rêves, des buts plus accessibles. Des petites victoires qui comptent. « Plus proche le bonheur » comme dit ma blonde.

– Propos recueillis par Mélissa Pelletier

Parc Lafontaine, le 20 juillet 2018 à la Maison de la culture Maisonneuve dans le cadre du ZH Festival. Pour toutes les informations, c’est ici.

Auteur : Félix Léveillé
Interprètes : Geneviève Beaudet, Hugo Dulac, Isabelle Grégoire, Mathieu Hébert et Laurence Régnier

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