Crédit photo : Sherwin Lainez

C’est notre ancien chef de pupitre musique (et aujourd’hui collaborateur), Nicolas Roy, qui m’a mise la puce à l’oreille. « Tu connais Wilsen? » J’avais entendu 2-3 chansons, sans plus. La vie fait bien les choses : j’ai reçu la journée même le premier album, I Go Missing In My Sleep sous l’étiquette Secret City Records. La vie avait été assez claire et nette côté signes : j’ai enfilé mes écouteurs, pesé sur play, trippé… Et nous voilà! Entrevue avec la talentueuse Tamsin Wilson, la leader derrière le trio de Brooklyn.

C’est au téléphone – en langue de Shakespeare merci beaucoup – que s’est passé l’entretien. Excitée, Tamsin m’a saluée avec joie. Il faut dire que ça s’annonce bien pour la sortie de son premier effort le 28 avril! Déjà, le groupe – également constitué de Drew Arndt à la basse et Johnny Simon à la guitare – affiche complet sur plusieurs dates, dont à Santa Teresa le 29 avril. S’attendait-elle à une telle effervescence? « Non, pas du tout! C’est tout un compliment. On ne peut que souhaiter ce genre de réaction! »

Création organique

Wilsen, c’est qui, c’est quoi? C’est un trio qui donne dans le folk électro. Après un EP double, Sirens (2013), super bien accueilli, le band lance un premier album qui étonne par sa grande qualité. Entre mélodies qui touchent où ça fait du bien et riches arrangements, I Go Missing In My Sleep s’annonce déjà comme une sortie solide de 2017. Est-ce que le groupe avait un son en tête avant de se lancer dans la création de ce premier effort? « On avait des idées pour quelques chansons. On se disait que ce serait amusant d’essayer tel ou tel son… Ça s’est fait de manière très organique. J’aime l’idée de chansons qui viennent de façon naturelle. Peut-être qu’on aura un plan plus clair pour le prochain! »

Cette méthode aura pourtant porté ses fruits. La pièce Centipede en est d’ailleurs le parfait exemple. Inspirée d’un face-à-face avec un mille-pattes qui passait par-là en plein dans une crise de création, l’auteure-compositrice-interprète s’est prise de jalousie pour cet insecte qui ne s’en faisait pas du tout avec la vie. « C’était une nuit où rien n’allait… Je m’ennuyais beaucoup de la maison, je me sentais sans direction. Et ça me frustrait énormément. Cet insecte dégoûtant est entré dans ma chambre comme si de rien n’était, en faisant sa petite affaire. Je me suis mise à écrire sur lui, et voilà. » Comme quoi l’inspiration peut venir de partout, même un petit mille-pattes qui ne demandait rien à personne et qui a maintenant une chanson juste pour lui. (Je ne peux même pas en dire autant.)

Si Tamsin avait plus des envies folk pour I Go Missing In My Sleep, elle avoue être bien contente que Drew Arndt et Johnny Simon aient poussé le côté plus électro des pièces. « J’ai tendance à ne pas vouloir compliquer les choses… Et finalement, ils ont les meilleures idées. Ce sont de supers musiciens qui ajoutent une autre dimension à mes chansons. Ça crée une atmosphère, une émotion… Dusk, par exemple, est tellement meilleure dans sa nouvelle version! »

La maison, c’est où?

Ce qui ressort de l’album? Une quête d’identité, une volonté sauvage de revenir vers la maison. « C’est dur d’être loin, de parfois manquer des événements. » La maison, c’est où pour Tamsin? « Wow, bonne question! C’est ce que j’ai tenté de trouver avec cet album, et je ne sais pas encore si j’ai la réponse. » Celle qui est née en Angleterre de deux parents de Calgary a vécu sa jeunesse entre Canada et Angleterre avant d’aller s’installer à Brooklyn. «Je me sens toujours un peu étrangère. Ma musique, ça me permet d’avoir plein de petites maisons partout dans le monde. Je pense que la maison, c’est où les gens qu’on adore sont.»

Et c’est un peu comme ça qu’elle voit son groupe. « C’est vraiment le fun! On travaille bien ensemble, c’est sain. Je suis super chanceuse de faire ce que je fais! » Parce que Tamsin n’aurait jamais cru faire de la musique son métier. « On m’aurait dit ça, je ne l’aurais pas cru. Je suis une personne extrêmement timide, j’ai longtemps été terrifiée par la performance. Après l’université, j’ai commencé à croire que c’était peut-être possible. Je me disais “Si dans six mois je réussis à faire un show, je continue. Si je réussis à intégrer quelqu’un dans mon projet dans six mois, je continue.” » Et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui. Alors, on continue?

Mélissa Pelletier

I Go Missing In My Sleep, Wilsen, Secret City Records, 28 avril 2017. Pour plus d’informations, c’est ici.

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