C’est entre deux moments de folies abitibiennes – aka, au FME – que j’ai eu la chance de discuter un peu avec Joe Grass et Samuel Joly du supergroupe Klaus. Autour d’une table de pique-nique, les gars se sont confiés sur ce nouveau projet en collaboration avec François Lafontaine aux contours indéfinis, mais ô combien colorés. Entrevue.

Un groupe incluant Joe Grass (Patrick Watson, Katie Moore), Samuel Joly (Ginette Reno, Garou, France D’amour) et François Lafontaine (Karkwa, Marie-Pierre Arthur, Galaxie), ça devient d’emblée un incontournable. Ça va sans dire, les trois musiciens ont de l’expérience plus qu’il n’en faut derrière la cravate. Une expérience sympathique qui leur a permis, avec Klaus, de se lâcher lousse.

Comment cette belle collaboration a-t-elle débuté? Joe Grass répond spontanément. « On a une histoire ensemble. On a beaucoup collaboré! C’est quand Frank a voulu faire son album de synth… On lui a dit “Ok man, on va le faire avec toi!” On a créé quelque chose de vraiment bizarre. Plein de couleurs. Quand on a commencé à écrire des paroles, on a réalisé qu’il y avait quelque chose là. Et on a décidé de faire un album! » D’emblée, c’est Grass qui a tenu la plume. « C’était surtout pour la solidité en anglais », explique Sam Joly.  « Les paroles sont aussi éclatées que la musique. On a feedé un peu Joe, mais on a laissé aller le truc. Et c’est tellement cool! »

Laisser aller le truc. Ça explique bien l’essence de Klaus, qui ne s’impose aucune limite. En se lançant dans la conception de cet album, pas question de définir des règles créatives ou des impératifs de temps. « Au départ, il n’y avait tout simplement pas de non. C’était toujours oui. Il y avait beaucoup de respect à travers le processus. Personne ne voulait se piler sur la tête ou être plus loud qu’un autre », lance avec enthousiasme Joly. Une liberté si grande que le contexte de création a pu prendre de multiples formes. « On est par exemple allés dans un chalet. Des amis passaient, ça jammait… Certains soirs ont tourné en partys, et ça y allait! (Rires) C’est la chose la plus explosive qu’on a fait. » Mine de rien, les gars travaillent plus souvent qu’autrement dans un cadre plus structuré, sorties d’albums et alouette obligent. « Et en fait la vraie limite, c’est le respect pour l’artiste pour qui tu joues. C’est son projet, sa musique », ajoute Joly.

Klaus, ça expérimente, ça explose, ça va dans tous les sens, ça passe par le rock, en touchant au jazz, au funk… Et toutes sortes d’influences diverses. Le point d’ancrage selon Klaus? Sam Joly avoue qu’il aime beaucoup le traitement de la voix. « C’est une esthétique vocale qu’on retrouve sur toutes les tounes. Peu importe qui chante, il y a une continuité par rapport à ça. » Grass renchérit en riant « On a aussi fait une sélection dans nos pièces. Certaines étaient… ouf… différentes! » Et pourtant, ça « glue pareil », comme le dit si bien Joly.

À travers ce processus de création, les musiciens ont-ils l’impression d’avoir évolué artistiquement? « Tellement! Je ne sais pas si on a changé, mais on a trouvé une esthétique à trois. C’est notre projet. On a besoin d’avancer individuellement, mais aussi ensemble », indique Joly. D’ailleurs, comment voient-ils l’avenir? Grass et Joly poussent un soupir simultanément. « Hum, grosse question. C’est impossible de le savoir, mais on sait qu’on veut évoluer ensemble. On va laisser aller artistiquement, mais avec une direction. On veut prendre soin du projet. Mais c’est certain qu’on n’a pas l’intention d’arrêter nos autres activités! », explique Joe Grass.

D’ici là, Klaus se concentre sur le lancement de son premier album homonyme qui aura lieu le 6 septembre prochain à l’Aire Commune en formule 5 à 7. Un spectacle qui s’annonce enlevant. Déjà, les membres de Klaus ont tendance à improviser sur scène, se laissant autant de liberté dans la performance que dans l’écriture. « C’est la crowd qui nous dit beaucoup comment ça va se passer. C’est de l’énergie, ça nous shoote. », explique Samuel Joly. Tenez-vous le pour dit!

Vous ne voulez pas manquer le lancement? Pour tous les détails, c’est ici.

Mélissa Pelletier

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