Crédit photo : Gabrielle Desmarchais 

Les pratiques BDSM (bondage, domination, sadisme, masochisme) riment souvent avec tabou. Frédéric Sasseville‑Painchaud et Pascale St‑Onge, les créateurs de l’oeuvre KINK qui sera bientôt présentée à l’Espace Libre du 18 au 27 octobre, en savent quelque chose. Entrevue avec deux artistes qui n’ont pas froid aux yeux.

Un des tabous qui touche les personnes qui s’adonnent aux pratiques BDSM? Que ce sont des personnes trop intenses, peut-être même intimidantes. Frédéric Sasseville‑Painchaud et Pascale St‑Onge sont tout le contraire. Avec humour, les artistes se sont même permis quelques jeux de mots cocasses durant notre petite jasette. « Excuse-moi, je vais changer de position », lance Frédéric quand je lui indique que je ne l’entends pas très bien au bout du fil. Le ton était donné.

C’est au cours d’une conversation dans une soirée que les artistes se sont rendus compte qu’ils partagent une passion pour les pratiques BDSM. « On s’est vite demandé l’un l’autre si on avait déjà fait du théâtre avec ça. La réponse a été non, parce que dès qu’on essayait, ça devenait un truc de soft porn pas très intéressant. On s’est dit qu’il y aurait sûrement moyen de faire vivre à un public une expérience connexe au BDSM sans passer par l’esthétique..» Frédéric marque une pause, vite interrompue par Pascale : « Du latex, du cuir, gag balls, etc! »

Avec enthousiasme, les créateurs se sont lancés dans l’aventure. « On a commencé l’écriture, et on a fait une première étape de création avec LA SERRE – Arts vivants. » explique Frédéric. Pascale renchérit : « KINK, c’est un récit assez intime qui relate notre parcours dans cet univers, mais aussi notre réflexion par rapport au consentement. Notre éducation sexuelle est beaucoup passée par ces milieux-là. »

L’importance du consentement 

Même si on peut lire dans la description du spectacle que « KINK est une expérience performative et théâtrale qui questionne le spectateur : quel est son pouvoir sur la représentation? Quel rôle est‑il prêt à assumer? », le public ne sera pas nécessairement tenu de participer. C’est dans un cadre de respect, et bien sûr de consentement, que se déroulera le spectacle. «Personne ne va être pris sur scène! », s’exclame Frédéric en riant.

À quoi peut-on s’attendre plus concrètement? « Le spectacle est construit autour de deux grandes performances. La première, qui me met en vedette, se déroule avec des chandelles. Une personne du public sera invitée sur scène, mais la cire ira bien sûr sur moi! Ça deviendra en quelque sorte mon costume », explique Frédéric. La deuxième performance mettra plutôt de l’avant le Kinkabu. « C’est une technique japonaise ancestrale, utilisée à la base comme torture. Sammy Bessette sera sur scène avec moi pour ce segment! »

À travers tout ça, Frédéric Sasseville‑Painchaud et Pascale St‑Onge ont à cœur que les spectateurs se sentent à l’aise. « C’est un lien assez direct qu’on veut créer. Pascale et moi, on parle de notre premier souvenir relié à ce monde-là jusqu’à des expériences plus récentes » , indique Frédéric. « Ça tient du documentaire intime », ajoute Pascale. Alors, envie de jouer?

Mélissa Pelletier

KINK, du 18 au 27 octobre 2018 à l’Espace Libre. Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 25 octobre.
Représentations exceptionnelles en nocturne vendredi 26 et samedi 27 octobre à 22h. Pour toutes les informations, c’est ici.

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