Crédit photo : Dani Couture

Foudroyée (Boréal) de Grace O’Connell, traduit par Fanny Britt, est le premier roman publié en français de l’autrice canadienne. Et quel roman! Veda, déménage à New York dans l’espoir de tourner le dos à une vie où elle se sent inadéquate. Dans les premières pages, elle est prise en otage par un jeune homme dans un autobus de la ville. Elle devra faire face à ses peurs, et à cette menace en étant ce qu’elle croit ne pas être : forte. En parallèle, on découvre la relation forte et presque symbiotique qu’elle a avec son frère Conrad, et on revit avec elle son adolescence. Elle a accepté de nous parler du processus d’écriture de son roman.

Comment as-tu eu cette idée du bus détourné?

Le détournement a été la première chose qui m’est venue pour ce livre. J’étais en première année du secondaire lorsque la fusillade de Columbine s’est produite, et depuis, il y a eu plus de tueries que je ne peux compter. Je pense que l’anxiété constante et sous-jacente générée par les nouvelles en continue à propos de ces événements est quelque chose ressentie par une majorité de gens, en particulier ceux vivant dans les grandes villes, prenant des bus et des métros tous les jours. Quand j’ai commencé à écrire le livre, j’étais très intéressé par la question de savoir comment être pris dans ce genre de violence affecterait votre vision de vous-même, de votre vie et de vos luttes avant et après, et comment cela affecterait vos relations.

Il y a beaucoup de relations toxiques dans votre roman, mais vous explorez un autre type de relation entre une sœur et un frère. Pouvez-vous parler de ça?

La relation de Conrad et Veda est, pour moi, le cœur du livre. Il y a beaucoup de violence dans l’histoire, mais le livre parle moins de la violence elle-même que de la façon dont elle façonne les relations centrales, en particulier celle de Veda et de Conrad. Ils ne sont pas complètement en bonne santé, mais ils font de leur mieux avec ce qu’ils ont. Ils sont comme des enfants qui tentent de trouver leur chemin à travers une forêt sombre. Je n’ai pas de frère moi-même, alors écrire le lien entre un frère et une sœur a été une expérience fascinante et émouvante pour moi. J’ai vraiment adoré Conrad à travers les yeux de Veda – il me manque vraiment maintenant, même longtemps après avoir fini d’écrire le livre.

Quels sont les auteurs qui vous inspirent pour écrire?

Il y en a tellement. J’ai grandi en aimant Robertson Davies et Timothy Findley. J’aime les écrivains qui ont quelque chose d’un peu étrange à leurs styles ou leurs histoires comme Jeanette Winterson. J’aime les voix puissantes de Claire Messud et Ann Patchett. C’est une question où j’aurais une réponse différente chaque jour, mais ce sont les inspirations qui me viennent à l’esprit maintenant.

Je sais que Veda dit plus de théories à la fin du roman mais j’aimerais savoir: quelle est VOTRE théorie?

C’est une excellente question! J’aime les « théories » de Conrad. Je pense, cependant, que ses théories cherchent peut-être à rendre compréhensible ce qui ne peut pas vraiment se résumer en une simple phrase. Donc, je m’en tiens à ce que je sais et dis que ma théorie est qu’une chose vraiment importante dans la vie est de trouver des chaussures confortables qui vous vont bien.

– Elizabeth Lord

Foudroyée, Grace O’Connell, Éditions Boréal, 2018. Les propos ont été traduits par la rédaction.

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