Crédit photo : Cédric Trahan

Ce n’est pas tous les jours que l’on entend parler du lancement d’une maison d’édition au Québec. Certes, le début des années 2000 a été une période faste au Québec du côté éditorial, et les maisons d’édition sont pour la plupart maintenant bien implantées. Cela n’a pas empêcher trois « milléniaux » de tenter le tout pour le tout : Les éditeurs en feu sont là, et Les Méconnus leur ont posés quelques questions sur le lancement de leur projet.

Pourquoi lancer une maison d’édition en 2018?

Les éditeurs en feu, au début, c’est une conversation à la Taverne Jarry en mars 2017. C’est trois étudiants en littérature qui se disent : « Pourquoi pas lancer une maison d’édition à la place d’attendre que quelqu’un publie des textes que nous aimerions lire ».

Nous croyons que ce qui nous animait au début, c’était le même genre de sentiment qui pouvait pousser un entrepreneur à bâtir des maisons : tout simplement parce qu’il y a des gens à héberger. Mais nous, pour faire une comparaison un peu kitch, on voulait donner une maison à des textes.

Nous démarrons une maison d’édition aujourd’hui à partir du constat qu’il y a de la place pour de nouvelles écrivaines et de nouveaux écrivains dans l’écosystème littéraire québécois. Nous ne nous voyons pas entrer en compétition avec qui que ce soit, en commençant par les autres maisons d’édition québécoises. Pour nous, l’important c’est qu’il y ait le plus grand nombre possible d’endroits pour publier des livres au Québec. Cette diversité éditoriale crée une possibilité toujours grandissante de voir se placer entre les mains des lectrices et des lecteurs des livres variés. Des bons livres. La possibilité que ce soit l’entièreté de la culture québécoise qui rayonne par la diffusion d’un livre, c’est ce qui nous stimule à nous lancer.

Il est certain que notre vision de « milléniaux » sur le milieu du livre a grandement motivé la naissance de la maison d’édition. Nous ne pensons pas faire une révolution dans le domaine, mais nous pensons pouvoir faire autrement, grâce à l’utilisation des réseaux sociaux, à la débrouillardise, mais aussi en s’acquittant de tâches – vu notre manque de financement – qui ne sont normalement pas celles des éditeurs, par exemple la diffusion.

Comment définissez-vous votre ligne éditoriale?

Si nous devions résumer notre ligne éditoriale en un seul mot, ça serait : travail. Notre objectif principal est de publier, de diffuser et de promouvoir des textes qui reposent sur un travail d’abord opéré par l’écrivaine ou l’écrivain, mais qui est ensuite repris avec la même ardeur par les éditeurs, pour ensuite poser un problème à la lecture ; à faire travailler les lecteurs à leur tour. Notre but premier n’est pas de divertir (même si nous croyons aussi qu’il y a une part de divertissement dans chaque lecture). La possibilité de se divertir est plus que jamais présente dans nos sociétés occidentales, notamment grâce à différents médias et aux nouvelles technologies. Tout le monde se voit offrir le choix de mettre son cerveau à off, en tout temps. Nous souhaitons donc publier des textes qui feront travailler, questionner et douter le lectorat.

Les éditeurs en feu ne souhaitent pas publier de belles histoires qui font rêver. Les lectrices et les lecteurs peuvent déjà trouver ce genre de textes ailleurs. Comment prenons-nous des décisions ? C’est l’unanimité, ou rien. C’est aussi se challenger sur les décisions, pousser l’autre à réfléchir, à travailler et à voir comment nous pouvons toujours faire mieux. Nous croyons que nos livres reflètent cette énergie issue du travail.

Deux livres sont présentement publiés, c’est le moment de nous les vendre en quelques lignes…

Nous avions pensé vous faire une infopub, mais nous garderons finalement cette idée pour une vidéo lors de la période des cadeaux de Noël.

Journal d’un étudiant en lettres de David Fiore Laroche sonde l’âme « à boutte » d’un étudiant aux prises avec les accablants possibles d’une littérature aux tendances libidinales. C’est un texte qui nous fait réaliser comment les études en littérature parasitent l’écriture et la lecture.

Les réserves de Florence Falgueyret mêlent récit et poésie en prose où toute ressemblance avec des événements réels est purement fortuite (ou pas). Le texte trimbale le lecteur de la boutique à l’appartement, sans prendre de pause aux quatre heures pour réfléchir à tout ce que ça peut impliquer d’éviter de prendre des décisions.

– Elizabeth Lord

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