Il y a de ces gens qui ont toujours baigné dans la musique, naturellement. Ariane Zita en fait définitivement partie. Auteure-compositrice-interprète qui attire beaucoup l’attention depuis la sortie de son premier EP éponyme aux sonorités indie, pop et folk en novembre dernier, l’artiste a accepté de m’accorder une petite jasette. Entrevue avec une jeune femme simple et talentueuse.

 

Raconte-moi ton parcours : d’où viens-tu?

En fait, j’ai toujours fait de la musique. Mais ça m’a pris du temps à comprendre que je pouvais écrire des chansons. Écrire et composer, c’est tout à fait différent. C’est une drôle d’histoire : c’est mon amie qui m’a inscrite sans que je le sache au Festival OFF de Québec en 2010. En recevant ma chanson, l’organisatrice m’a appelée et m’a demandée si je pouvais assurer un set. J’ai dit oui…mais bon j’ai menti. (Rires). Rendue là, je n’avais plus le choix d’écrire des chansons. C’est tombé à un moment très inspirant de ma vie, ce qui m’a poussée à une écriture intensive de mars à juillet.

 

On peut dire que ton album est doux-amer : les paroles sont parfois rough, sur une musique plutôt calme et joyeuse. Ce contraste, c’est voulu?

Ce n’est pas venu consciemment. J’ai toujours trouvé que l’inspiration est plus facile à puiser dans les moments difficiles. Oui, la mélancolie est inspirante! Écrire est devenu ma thérapie, ma libération. J’ai donc été naturellement vers des paroles plus sombres, même si la musique a un tout autre aspect! (Rires)

 

Pourquoi chanter en anglais?

Pour écrire en français, ça prend un certain talent. C’est une langue tellement proche de moi…Je n’ai pas de recul. Quand j’écris en français, j’ai vraiment l’impression de me mettre à nu. L’anglais est une langue différente, plus simple. Ça met une barrière. J’écris des textes en français…mais vraiment, je crois que passer à ma langue maternelle sera une étape spéciale pour moi. J’avoue que ça se pourrait éventuellement, mais sans que je tombe dans un switch complet. J’apprivoise encore! (Rires)

 

Si on parle d’influences musicales?

Tu vas peut-être rire, mais June Carter! Autant par rapport à son appartenance à la famille Carter, qui était super présente dans la musique country dans les années 60, mais aussi le fait qu’elle ait été une femme libre. Mariée trois fois, elle n’a jamais laissé personne lui dicter sa conduite. En fait, la famille Carter au complet m’a beaucoup influencée!

 

Où en es-tu aujourd’hui? Es-tu en écriture, en composition? Est-ce qu’un premier album est en construction?

En ce moment, je suis en pré-production. J’ai assez de chansons pour écrire un album complet. Seulement, je suis en questionnement : est-ce que j’ai envie de lancer un deuxième EP ou plutôt un premier album? Quand est-ce que je sortirai le résultat? Le réalisateur Simon Doucet-Carrière m’aide en ce moment à avoir un certain recul, à réfléchir à tout ça.

 

En show, à quoi on peut s’attendre?

C’est certain que je n’en ai jamais vu… (Rires) Mais sérieusement, je trouve mes musiciens bons et impressionnants. Fait un peu spécial, je traîne avec moi mon vieux piano électrique Rhodes. Étant donné que j’ai enregistré avec cet instrument, je trouvais important de l’apporter avec moi pour conserver le son de l’EP. Je peux aussi jurer que ce que vous voyez sur scène, c’est moi. Je ne m’invente pas un personnage et je crois que ça aide à la connexion avec le public.

 

Parlant de spectacles, Ariane Zita va prendre la route cet automne pour visiter quelques villes du Québec. Et des dates pourraient bien s’ajouter à Montréal… Restez branchés sur sa page Facebook pour connaître tous les développements!

– Mélissa Pelletier