Crédit photo : Vanessa Fortin

Au départ, il y a eu des réflexes de vie, de survie : respirer, sourire, ramper… mais la première chose qu’on a  appris, c’est jouer ensemble. » – Les Sœurs Schmutt

En tant que (fausse) jumelle, j’ai une curiosité assez développée pour tout ce qui a trait à la gémellité. À quel point deux êtres peuvent-ils vraiment être identiques? Est-ce qu’il y a des différences inévitables? Ce sont quelques-unes des questions que Les Sœurs Schmutt se sont posées dans le duo autofictionnel L’entité du double, présenté par Danse-Cité au Théâtre Prospero jusqu’au 13 octobre prochain. Retour.

Élodie et Séverine Lombardo, alias Les Sœurs Schmutt, sont identiques. Ou presque. « Elle a un plus long cou », lance l’une d’elle. « Moi, j’ai un espace plus grand entre l’oeil et le sourcil », clame l’autre. Assises sur deux tabourets posés face au public, les jumelles débutent le spectacle en répondant à quelques questions « posées par le public ». On a droit à tous les clichés. « Si l’une a mal, est-ce que l’autre le ressentira? », « Avez-vous déjà pris l’identité de l’autre? », etc. Avec humour, les deux sœurs répondent à ces interrogations de manière un brin décalée, en finissant parfois les phrases l’une de l’autre.

Bientôt, l’une se lève pour se mouver lentement au son d’une musique envoûtante, tandis que l’autre tient toujours le micro pour parler de l’expérience de la gémellité. C’est là qu’on peut commencer à perdre le fil. Parce que si Les Soeurs Schmutt ont l’impression de présenter des différences notoires, c’est plutôt dur de les déceler de notre siège.

Ce fort début sera bien vite suivi par des scènes plus confuses. On passera de tableaux intenses et prenants – parfois en anglais pour une raison obscure – à des moments d’improvisation ou de « détente » pendant lequel les spectateurs seront invités à se laisser aller. Si certains n’auront aucun problème à jouer le jeu, d’autres jugeront que leur véritable envie, c’est de quitter la salle. Une salle remplie du public habituel des premières certes, mais aussi de quelques spectateurs un peu moins attentifs qui ne se sont pas gênés pour discuter, ou même rire, durant la performance d’Élodie et Séverine Lombardo.

Malgré tout, les chorégraphes et interprètes talentueuses ont réussi à tenir tête à des spectateurs un brin dissipés en explorant les divers aspects de la gémellité. Si la découverte de L’entité du double était plus souvent qu’autrement teintée d’une recherche de sens, elle laissait entrevoir de superbes images qu’on devinait reliées à la co-dépendance, la colère, le partage, l’amour et le besoin de se dissocier qui peut exister au sein d’un couple de jumeaux. En ce sens, chapeau.

Mélissa Pelletier

L’entité du double, au Théâtre Prospero du 4 au 13 octobre 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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