Crédit photo : David Wong

Depuis la parution de son éponyme, Julie Blanche a récolté un firmament de bonnes critiques. Avant de prendre la route pour répandre sa bonne nouvelle, elle a gentiment répondu à notre questionnaire de base en 9 points. Voici le résultat : 

Quelle question te pose-t-on le plus souvent en entrevue?
C’est souvent à propos du thème de l’album. Comme les paroles des chansons sont plutôt imagées, on se demande ce qui a bien pu se passer dans le passé de l’artiste.

Et quelle est la réponse à cette question?
La réponse n’est pas si claire et je ne tiens pas particulièrement à la fournir. Je veux que les gens s’approprient les chansons sans avoir à expliquer ou raconter dans le détail ce dont elles traitent. Ça parle évidemment d’un passé sinueux. Tout le reste est libre à interprétation.

Quels sont les moments marquants de ta carrière à ce jour?
Pour ce projet, c’est sans aucun doute les Francouvertes. Mais avant d’en arriver là, je dois beaucoup à l’école FACE (Fine Arts Core Education) que j’ai fréquentée pendant 11 ans, du primaire au secondaire. C’est pour moi l’expérience déterminante qui a confirmé ma vocation. Pendant toutes ces années, j’ai chanté et joué de l’alto tous les jours, en immersion complète dans les arts. J’ai fait un détour par les arts plastiques au Cégep pour mieux revenir à la musique en chant jazz à Concordia.

Revenons au Francouvertes. Tu es arrivée bonne deuxième en 2014. Raconte un peu l’expérience.
Ça a commencé avec un EP, que je considérais au départ comme une simple maquette, qu’on a réalisé dans le but de décrocher une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec. J’avais peur à l’époque et j’ai seulement publié les chansons sur ma page Facebook personnelle un vendredi après-midi. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. J’ai reçu beaucoup de commentaires positifs et encourageants. Quand j’ai finalement obtenu la bourse, j’avais le sentiment qu’on avait quelque chose à proposer, qui pouvait plaire aux gens et les toucher. Alors pourquoi pas tenter sa chance aux Francouvertes? Faire la finale, ce que je n’avais jamais imaginé, m’a permis d’obtenir encore plus d’attention de la presse, ce qui était bon signe pour la sortie de l’album.

Qu’est-ce qui s’est passé ensuite?
Jusqu’à la finale, on a continué à composer des nouvelles chansons pour les faire rouler en show et en répète, pour le concours et pour la suite. On s’est malgré tout donné le temps. Pour l’album, on a dû refaire les pièces du EP de A à Z. Une expérience difficile pour moi. Surtout pour une pièce comme Comme un décor, dont j’aimais beaucoup la version originale. On s’est même demandé si on devait la garder. Finalement, on a réussi à lui donner plus de caractère sans la dénaturer. En fait, je voulais faire honneur aux premières chansons et m’assurer qu’elles soient entendues par le plus de monde possible.

Ton amoureux, Antoine Corriveau, est ton plus proche collaborateur. Quels sont les avantages de travailler et créer avec son conjoint?
C’est un grand avantage de travailler avec la personne qui nous connaît le mieux. Les chansons qu’il a écrites, ce sont mes chansons. Elles m’appartiennent parce qu’elles prennent racine dans les confidences, parce qu’il était là dans les meilleurs et les moins bons moments, à m’écouter. Aucun autre auteur-compositeur n’aurait pu écrire pour moi comme il l’a fait. Dans ces chansons-là, j’ai même retrouvé des phrases que j’avais moi-même formulées en discussion. C’est toute une chance d’avoir son plus grand allié à portée de main et de pouvoir le côtoyer tous les jours.

Et des désavantages?
Non, pas vraiment. La création est au cœur de nos vies et toutes les conversations qui s’y rapportent m’allument.

Parle-moi du show du 3 avril à la Maison de la culture Maisonneuve.
C’est le premier show de la tournée. On va faire l’album en intégrale. On est très content de lancer la tournée avec Forêt, un groupe dont l’univers ressemble au mien.

Qui va être avec toi sur scène?
Je vais être accompagné de Pietro Amato au claviers, cor français et panoplies de pédales d’effets, d’Antoine Corriveau à la guitare et à la voix, de Cédric Dind-Lavoie à la contrebasse, la basse et la voix et Stéphane Bergeron à la batterie, qui prend le relai de Stefan Schneider qu’on retrouve sur l’album.

Propos recueillis par Nicolas Roy

Julie Blanche + Forêt
Vendredi 3 avril, 20 h 30
@ Maison de la culture Maisonneuve (4200, rue Ontario Est)
13,15 $