En me rendant au Périscope mardi soir, j’avais de très hautes attentes. Je connais Théâtre Niveau Parking pour Lentement la beauté, un petit bijou de pièce sur l’art et le bonheur, spectacle qui a marqué quiconque l’ayant vu.

Alors en voyant que la salle était à moitié vide, j’ai senti quelques craintes teintées de déception. Pourquoi n’y avait-il pas plus de gens pour voir cette compagnie que je considère parmi les meilleures de Québec?

La réponse est simple: Effets secondaires parle de dépression et de maladie mentale.

Sujet tabou s’il y en a un aujourd’hui, les maladies mentales touchent beaucoup plus de gens qu’on veut se l’admettre. Et c’est justement là le propos de la pièce. Et sa pertinence.

Méconnues, elles mériteraient d’être le sujet de plus d’études. Honteuses pour la plupart des gens, elles sont reléguées au registre du monologue intérieur. Ce qui rend la recherche beaucoup plus difficile et ceux qui en souffrent beaucoup plus vulnérables.

Ici, j’ouvre une parenthèse personnelle. Cette pièce m’a spécialement touchée parce que j’ai des proches touchés par différentes maladies mentales. Je n’ai pas honte d’eux, ni d’en parler. Voilà, c’est dit.

Maintenant, je pourrais vous parler de l’histoire de ces deux couples bouleversés par la maladie, de la traduction de Maxime Allen jouée avec naturel, des décors de clinique aseptisée et un brin futuriste, etc. Mais voilà, il me semble que c’est de moindre importance.

À défaut de parler de maladie mentale, allez donc en entendre parler. C’est déjà un début.

Ariane Hivert

Effets secondaires est présenté au Théâtre Périscope à Québec jusqu’au 25 octobre 2014. Texte de Lucy Prebble, mise en scène par Michel Nadeau, une production du Théâtre Niveau Parking et du Théâtre Les gens d’en bas.