Photo (HENRI MICHAUX : MOUVEMENTS) © Sylvie-Ann Paré. Interprètes Gérard Reyes, Mariusz Ostrowski, James Viveiros, Lucy M. May, Lucie Mongrain, Leon Kupferschmid, Carol Prieur.

La 5e salle grouillait d’effervescence mardi soir dernier pour le lancement de la 16e saison de Danse Danse. Fidèle à son mandat, c’est une programmation riche, diversifiée et équilibrée qui nous a été présentée.

Des 10 compagnies élues cette saison, 7 sont étrangères, 2 sont québécoises et une est torontoise. Le bal s’ouvre à grand bruit avec Salves, une pièce où l’on dit que Maguy Marin parvient avec brio à chorégraphier le théâtre, entreprise toujours périlleuse qui aurait apparemment trouvé son maître chez cette « grande dame de la nouvelle danse française ».

La pièce Weather chorégraphiée par l’Australienne Lucy Guerin nous immerge, quant à elle, dans une fable écologique.

Marie Chouinard, incontournable, nous convie cette fois à un double programme où l’intermédialité se trouve au cœur du processus créatif. La première, Gymnopédies, amalgame duos sensuels et musique d’Érik Satie interprétée au piano par les danseurs de la troupe. La seconde, à mon avis extrêmement prometteuse, revisite des planches entières de dessins d’Henri Michaux que les danseurs interprètent en partition chorégraphique. Le résultat sera à couper le souffle et les abonnés n’auront certainement pas le temps de la reprendre, si j’en crois mon expérience, puisque la compagnie suivante n’est nulle autre que le Groupe Rubberbandance, un autre habitué de Danse Danse.

Vient ensuite Far, une chorégraphie de Wayne McGregor, sommité de la sphère du ballet contemporain et Get a Revolver, dont l’interprétation a fait proclamer Brit Rodemund « Danseuse de l’année » en 2011 par le magazine Tanz.

Je dois avouer que le spectacle que j’appréhende le plus est celui de la nouvelle voix de New York, la troupe Abraham in motion dirigée par Kyle Abraham et qui évoque dans sa pièce Pavement les tensions raciales en combinant danses urbaines, moderne et classique.

Il ne reste déjà plus que trois pièces qui terminent la saison en beauté. D’abord, un autre joyau du Cloud Gate Dance Theatre of Taiwan, qui plongera assurément le spectateur dans une transe profonde avec ses pluies de riz blond incessantes.

Puis, The Dietrich Group, compagnie torontoise plus subversive et humoristique, explorera pour sa part le mot « fuck »de tout le côté.

Enfin, la Tragédie de la Compagnie Olivier Dubois nous laissera pantelants en laissant les corps de 18 danseurs nus révéler par le biais de mouvements vifs et mécaniques le besoin de liberté et de folie.

N’hésitez pas à vous abonner, notamment parce que les 30 ans et moins ont 20% de rabais sur les billets, mais surtout parce que chaque pièce de cette 16e saison m’a donné envie d’y assister.

-Florence Grenier-Chénier

Pour plus d’infos:www.dansedanse.net