Crédit photo : Stanley Dai

La scénarisation occupe de plus en plus de place dans la recherche en général, ainsi qu’au niveau académique (multiplication des baccalauréats, certificats et autres diplômes rattachés). C’est d’ailleurs au sortir de l’Université de Montréal que Pierre Billon, scénariste et auteur de fiction, commence à plancher sur son propre « manuel » de scénarisation, Écrire pour le cinéma : Les clés de la scénarisation. Son expérience de professeur invité auprès des élèves de première année de baccalauréat lui auront permis d’élaborer toute une série d’astuces et de conseils bien répertoriés dans son dernier ouvrage.

À qui profite ce manuel?

Billon se défend dès le début de ne pas donner une recette secrète du scénario parfait. En revanche, il affirme pouvoir éclairer bien des problèmes qu’il a pu observer tout au long de sa carrière parmi les jeunes scénaristes. En soi, on pense d’abord qu’il s’agit d’un manuel de scénarisation assez classique. On assiste plutôt à une sorte de recueil d’exemples et d’analogies servant à expliciter chacune des étapes de l’écriture d’un scénario, de la conceptualisation à la soumission aux grandes instances de financement.

Avant de se lancer dans le cœur du sujet, quelques conseils (parfois trop évidents) nous sont donnés : Méfiez-vous des bonnes idées, regardez des films, montrer plutôt que dire, etc. Il est peut-être nécessaire pour certains aspirants scénaristes de se faire rappeler les bases.

Ce qui est dommage, cependant, relève de l’abondance de commentaires plutôt subjectifs. Billon déplore des choix de titres comme Monster’s Ball ou L’insoutenable légèreté de l’être. Il recommande au jeune scénariste d’éviter ce genre de cafouillage. Ce genre d’appréciation me semble ici tout à fait partial et inutile. Dans la section remake, on tombe aussi par moments dans le jugement de valeurs, et très souvent dans l’anecdote (jusqu’où est-elle indispensable?). Enfin, quelques répétitions dans le manuel laissent penser à un problème de relecture ou d’édition. Aux pages 21 et 97, on répète presque mot pour mot le même conseil à propos de se méfier des bonnes idées, puis aux pages 38 et 116 se produit le même phénomène concernant le spectateur et s’il adhère au film ou non dès les quinze premières minutes.

En contrepartie, l’ouvrage se veut exhaustif en ce sens où il couvre réellement la totalité des étapes qu’un scénariste doit franchir pour qu’on réalise son scénario. Courtes et faciles à lire, les sous-sections apportent quantité de détails provenant de l’intérieur des institutions, choses souvent gardées secrètes dans le milieu.

Billon tente de déconstruire l’entièreté des idées reçues et préconçues du monde de la scénarisation. Sa partie la plus utile, le séquencier, amène le jeune scénariste à peaufiner son travail, à chercher à donner le plus de détails possibles sur son histoire. Tous ces exemples, anecdotes, conseils n’aboutissent qu’au seul désir d’aider le lecteur du présent ouvrage. À prendre avec légèreté, et surtout à ne pas lire d’une traite.

Victor Bégin

Écrire pour le cinéma : Les clés de la scénarisation, Pierre Billon, Éditions Somme Toute, 2018, 250 p.

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