Avec une quinzaine de romans à son actif, Michèle Lesbre a ce qu’on appelle une plume aguerrie.Écoute la Pluie, son plus récent roman, témoigne de cette aisance en offrant aux lecteurs une écriture fluide et enveloppante. J’ai ouvert le livre et ne l’ai refermé qu’une fois qu’il fut terminé.

Bon,  il ne s’agit pas d’une brique non plus, mais quand même, c’est plutôt rare qu’un livre de ce type permette une lecture sans interruption. Lecture de ce type…? C’est qu’Écoute la pluie se construit autour d’un éternel ressassement, celui d’un événement malheureux dont la narratrice a été, malgré elle, prise à témoin : alors qu’elle attend le métro devant la mener à la gare et, éventuellement à l’Hôtel des Embruns où IL ira la rejoindre, un homme lui  sourit et se jette devant le métro qui arrive. Prise de panique elle opte pour la fuite. La fuite de cet endroit, de son rendez-vous, mais ne réussit pas à s’échapper d’elle-même ni de cet événement qui passe en boucle dans son esprit.

La fuite devenue dérisoire, elle erre en tentant de rationaliser, de remettre en perspective sa réaction face au décès de l’étranger. Cette errance l’entraîne en divers lieux qui se prêtent tantôt aux rencontres, tantôt aux scènes mythiques du cinéma, tantôt à sortir des boules à mites de vieux souvenirs qui lui font remettre en perspective divers aspects de sa relation.

Écoute la pluie, une réflexion universelle à l’échelle individuelle.

Vickie Lemelin-Goulet