Valérie Blass

Jusqu’au 22 avril, les œuvres de la sculpteure Valérie Blass sont exposées au Musée d’Art Contemporain de Montréal. Son dada? Faire appel à toutes les techniques de la sculpture, d’hier à aujourd’hui : moulage, fonte, taille, modelage, assemblage, bricolage… En me promenant parmi ses œuvres, j’ai été frappée par la diversité autant au niveau des matériaux utilisés que des pièces exposées. Intriguée par sa pratique, j’ai décidé d’interviewer cette artiste si unique.

 

M.P. On dit que vous avez contribué «à redonner à la sculpture sa place dans l’histoire de l’art contemporain au sein d’une nouvelle génération d’artistes ». Qu’en pensez-vous?

V.B. Mon dieu! (Rires) Je dirais plutôt qu’à un moment, l’installation était plus à la mode. Lorsque j’étais étudiante en arts visuels et médiatiques, c’est ce qui se faisait. J’ai peut-être été avant-gardiste dans ma façon d’aborder mon art. Je reste dans les paramètres de la sculpture classique, mais j’ai tendance à aller chercher ce qui me plaît dans chaque technique.

 

M.P. C’est peut-être ce qui, à première vue, donne l’impression que l’exposition présente des œuvres disparates…

Mon objet contondant Crédit: Guy L'Heureux

 

V.B. Peut-être. J’aime plus le mot « éclectique ». J’ai toujours travaillé comme ça. J’aime amener les spectateurs sur des pistes différentes et même, pas les bonnes pistes! (Rires) Certains effets ou éléments de l’exposition se retrouvent à plusieurs endroits, sans qu’il y ait de conclusion à porter. Je déroute volontairement les gens! En fait, je veux attirer l’attention sur le côté formel, moins sur le côté figuratif. C’est plus inconscient. Je ne crée jamais en voulant donner un sens, il prend sa place par lui-même. J’ai une approche plus surréaliste.

 

M.P. Votre travail se passe donc beaucoup dans le mélange, autant des techniques que des matériaux utilisés…

 

V.B. J’ai toujours une idée de départ. Et j’aime avoir des projets complexes, durs à réaliser. Je ne veux pas toujours travailler la même technique, la même esthétique. Je m’ennuie rapidement. (Rires) J’adore quand la pièce que je crée me surprend. Le hasard joue pour beaucoup dans ma création. Ça crée une esthétique en soi!

 

M.P. À l’occasion de cette exposition, est-ce que des œuvres inédites sont présentées au public?

 

Déjà donné Crédit: Guy L'Heureux

V.B. Absolument! Quinze en tout. C’est super de pouvoir montrer ce nouveau travail! Je n’ai pas l’impression que je me répète. Ma plus grande peur est de devenir redondante…

 

M.P. Quelle est selon vous la pièce la plus forte de l’exposition?

V.B. Je ne sais pas du tout… J’aime toujours plus mes dernières créations. Ce sont mes trouvailles les plus récentes qui sont les plus intéressantes à mes yeux. Une fois que j’ai fait une pièce, je n’ai plus envie de recommencer.

 

M.P. À quoi peut-on s’attendre pour vous en 2012?

V.B. Eh bien, je vais participer à l’exposition Oh, Canada présentée au MASS MoCA dès le mois de mai. L’exposition va se promener au Canada. Et je crée toujours! Souvent, je travaille sur plus de 25 pièces simultanément. Il arrive que j’en jette en cours de route. Qui sait de quoi sera faite la prochaine exposition?

 

-Mélissa Pelletier