Parce qu’aux Méconnus on aime lire et vous en parler, voici une liste de suggestions estivales qui saura − on l’espère − étancher votre soif de bon goût. Dix livres parus en 2016, dix recommandations de notre équipe chevronnée, toujours à l’affût des nouveautés :

LE GRAND MARIN de Catherine Poulain – Les Éditions de l’Olivier

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Très emballée à l’idée de lire cet été Le Grand marin de Catherine Poulain! Au bout d’un long périple, une femme arrive en Alaska où elle décide de s’embarquer sur un bateau de pêche pour prendre part à la rude vie de marin. Intensité, choc des extrêmes, dépassement des limites, lutte contre les éléments et contre soi-même seront au rendez-vous.

Née à Manosque, dans les Alpes de Haute-Provence et partie à vingt ans pour parcourir le monde, l’auteure a travaillé dans une conserverie en Islande, comme cueilleuse de pommes au Canada, a été barmaid à Hong-Kong et surtout, durant dix ans, pêcheuse en Alaska. Maintes fois primé depuis sa sortie au printemps dernier, Le Grand marin est son premier roman, qu’on devine autobiographique.

Brigitte Trudel

 

LA DOULEUR PORTE UN COSTUME DE PLUMES de Max Porter – Éditions du Seuil

L’été ne rime pas nécessairement avec légèreté côté lecture et La douleur porte un costume de plumes de Max Porter (Seuil, 2016) en est un bon exemple. Il est difficile de ne pas se laisser transporter par cette fable moderne où un corbeau visite un père et ses deux garçons en deuil de leur mère. Si le sujet n’est pas de prime abord des plus joyeux, la manière de l’aborder est débordante d’originalité, oscillant entre le point de vue du corbeau, celui des enfants et du père. L’oiseau, figure angoissante toujours présente, devient le confident, mais aussi celui qui poussera les trois garçons à vivre leur deuil. Une histoire farfelue, certes, mais néanmoins poignante.

Elizabeth Lord

LE GUIIDE DES BARS ET PUBS DE SAGUENAY de Mathieu Arsenault – Le Quartanier

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Mathieu Arsenault pourrait bien être la parfaite date de terrasse cet été avec son particulièrement audacieux recueil de poésie/essai Le guide des bars et pubs de Saguenay. Ce livre étonnant où Arsenault parle de ses observations lors d’une tournée des débits de boissons de Chicoutimi et de Jonquière se révèle un véritable observatoire de la condition (parfois en état d’ébriété) humaine. À l’aide de son téléphone cellulaire, Arsenault a retranscrit sur le vif les conversations des gens ainsi que leurs comportements. On en apprend plus sur cette manière de travailler et sur ce qu’a apporté cette liberté dans la section « essai». Sur la page de gauche se trouve d’ailleurs ladite section, tandis que sur celle de droite, on peut lire un poème dont le titre est le nom d’un bar. En lisant en alternance les deux tonalités, on comprend le processus créatif derrière les poèmes, tout comme si on partageait un verre avec Arsenault au bord du zinc.

Elizabeth Lord

 

LAST CALL LES MURÈNES de Maude Veilleux – Éditions de l’Écrou

Last call les murènes, de Maude Veilleux, nous propose de petites vérités dérangeantes, sans concession, déballées sur le ton de la confidence, dans un verbe cru et très actuel. Ce recueil était très attendu, après Les choses de l’amour à marde, et son premier roman, Le vertige des insectes. Une lecture à faire cet été, parce que tout n’est pas rose en ce monde, et qu’une dose d’ironie et de grinçant s’avère parfois nécessaire.

Mathieu Simoneau

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QU’IL EST BON DE SE NOYER de Cassie Bérard – Éditions Druide

En cette période estivale, il est tentant de se noyer dans les pages du second roman de Cassie Bérard, Qu’il est bon de se noyer, paru aux Éditions Druide le printemps dernier. L’histoire se déroule à Asbestos, en 2012, dans un milieu en crise économique où la tension est palpable, notamment en raison de la noyade mystérieuse de plusieurs enfants de la ville. Après avoir lu D’autres fantômes, son premier roman, et avoir découvert une écriture fine, sûre et souvent très lyrique, je m’attends à passer de beaux moments plongé dans les eaux profondes de ce livre.

-Mathieu Simoneau

 

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À LA FIN ILS ONT DIT À TOUT LE MONDE D’ALLER SE RHABILLER de Laurence Leduc-Primeau – Les éditions de Ta Mère

Il y a de ces maisons d’édition qui se démarquent par un petit je-ne-sais-quoi, des choix sûrs et disons-le, un flair assez sympathique pour les auteurs à découvrir. Les éditions de Ta Mère font assurément partie du lot. C’est donc sans hésiter que j’ai ajouté À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller, de la Montréalaise Laurence Leduc-Primeau, à ma liste de livres à lire cet été (un verre à la main). Dans ce premier roman, l’écrivaine aborde la vacuité de l’existence à travers les yeux de Chloé, une jeune femme qui va aller voir ailleurs si elle s’y trouve. Rien qui réinvente la roue, mais à vue de nez, une plume qui promet d’aller dans une direction fort intéressante!

Mélissa Pelletier

 

 

 

LES MURAILLES d’Erika Soucy – VLB Éditeur

Partir vers un chantier de l’Hydro, plus précisément à la Romaine, pour rejoindre son père et écrire un recueil de poésie en se faisant passer pour une commis de bureau, ça ressemblait à chercher le trouble. Erika Soucy y a plutôt trouvé des hommes et des femmes unis dans le travail et exilés de leur famille pendant plusieurs semaines. Des gens plus grands que nature.

De ce voyage est né un recueil de poésie, L’épiphanie dans le front, mais aussi son premier roman Les Murailles. Voilà un univers rude dans lequel peu d’intellectuels osent plonger et que la jeune auteure raconte naturellement. Son écriture brute et poétique est époustouflante de justesse et d’humilité. Un livre qui nous rappelle que dans les bottes d’un ouvrier, on ne déplace peut-être pas les montagnes, mais on peut toujours bien les faire sauter.

Julien Fortin

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LA FORME DU JOUR d’Élise Turcotte – Éditions du Noroît

« La forme a surgi ce jour-là comme un cerf muet dans la / ville blanche », elle surgit entre les mois qui passent, puis les saisons, comme une patte dans un atelier ou une collection d’animaux en terre cuite à la tombée. La voix poétique est au cœur du mouvement, traversée par les tristes images de l’humanité et par sa volonté de disparaître ; « Ne plus jamais voir que je suis vue », dit-elle, puisqu’il s’agit d’une perte. Si elle assiste d’abord à la forme du jour, à ses ombres aussi, ses vers finissent par devenir la forme elle-même.

Vanessa Courville

 

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MÉMOIRE DE FILLE d’Annie Ernaux – Gallimard

À l’été 1958, Annie est engagée comme monitrice dans une colonie de vacances, là, elle connaitra sa première nuit avec un homme. Première expérience désastreuse qui scellera le destin de l’écrivaine. « J’ai commencé à faire de moi-même un être littéraire, quelqu’un qui vit les choses comme si elles devaient être écrites un jour ».

C’est aussi un récit qui, par le chemin de l’intimité, s’ouvre sur la jeunesse des années soixante, celle qui explosera en mai 1968, dix ans plus tard. Comme toujours, l’aveu chez Ernaux n’est pas une confession simple, mais un chemin de l’intime au politique.

Maude Levasseur

 

LA PIPE D’OPPEN de Paul Auster – Actes sud

« Écrire a toujours été ainsi pour moi : avancer lentement à tâtons vers la lumière », affirme Paul Auster dans un entretien avec Michael Wood. Ce texte est réuni avec d’autres essais, discours, préfaces, sous le titre La pipe d’Oppen, en référence à George Oppen, un poète que l’auteur américain admire. L’ensemble de l’œuvre révèle son arrivée à l’écriture, ses réflexions et se présente à plusieurs occasions comme un dialogue avec le travail de divers artistes ; Hawthorne, Poe, Perrec, pour n’en nommer ici que quelques-uns.

Vanessa Courville

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