La Fonderie Darling, lieu incontournable de l’art contemporain situé dans une ancienne fonderie dans le Vieux-Montréal, inaugure deux nouvelles expositions : In Union de Milutin Gubash (Serbie/Montréal,) dans la grande salle nouvellement repeinte et reconfigurée, et “Due to its nature, it only moves forward. de Damla Tamer (Turquie/Vancouver) dans la petite galerie.

 

Milutin Gubash, In Union

Installation (grande salle)

4 avril – 12 mai : vernissage jeudi 4 avril à 17h

Milutin Gubash, Monuments to Communism 5, 2012

In Union de Milutin Gubash est une installation in-situ, spécialement conçue pour l’espace et le contexte particuliers de la Fonderie Darling. L’exposition tire sa force de la coïncidence de plusieurs événements de la vie professionnelle de l’artiste: le départ de son atelier qu’il a occupé depuis 2009 à la Fonderie Darling; la fin d’un cycle d’expositions présenté dans cinq différents lieux à travers le Canada en l’espace de moins de deux ans; la production d’un premier catalogue monographique mi-carrière.

Cette concordance d’événements a amené Milutin Gubash à se questionner sur la pression, exercée par le milieu, qui contraint l’artiste à produire sans cesse de nouvelles pièces. Il y répond par la compilation exhaustive de toutes ses œuvres, sous la forme d’un index non chronologique de vidéo, photographie, peinture, documentation de performance, etc. Le public – y compris l’artiste – visualise exceptionnellement et en un clin d’œil, la totalité d’une vie de production, et interroge la pertinence de sa matérialité. Cet entassement, aux allures pathétiques de marchandise en transit dans un hangar d’aéroport qui pourrait aussi ressembler à une réserve de musées d’art contemporain, constitue la réponse critique de Milutin Gubash au rythme effréné de production du marché de l’art, une attitude compulsive qui cherche à toujours emplir le vide.

Né à Novia Sad (Serbie), Milutin Gubash vit à Montréal depuis 2005. Son travail a été présenté à de nombreuses occasions au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe. Milutin Gubash est représenté par la galerie Joyce Yahouda à Montréal.

Le premier catalogue monographique de Milutin Gubash de 200 pages sera lancé au cours de l’exposition. Cet ouvrage présentera ses œuvres des dix dernières années et les textes critiques de Sylvain Campeau, Sandra Dyck, Annie Gauthier, Katarina Gubash, Marie-Claude Landry, Sherley Madill, Crystal Mowry, Mathilde Roman.

Ce catalogue est produit grâce à la collaboration des institutions qui ont accueilli récemment les expositions de l’artiste : Carleton University Art Gallery, Kitchener-Waterloo Art Gallery, Musée d’Art de Joliette, Rodman Hall Art Centre, Southern Alberta Art Gallery, avec la participation de la Fonderie Darling et le soutien financier du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et le Conseil des Arts du Canada.

 

Damla Tamer, “Due to its nature, it only moves forward.”

Dessin, vidéo (petite galerie)

4 avril –  12 mai : vernissage jeudi 4 avril à 17h

Damla Tamer, Fish, 2013

Le présent texte, souhaitais-je, ne prétendrait pas distribuer l’identité petit à petit, nom après nom, à la créature que nous avons ici, qu’est l’exposition. La question qui se présentait d’emblée était celle de savoir quoi faire sans cette sorte de texte, si l’on excepte savourer cette absence en guise de compensation. Je me tourne donc, et ce n’est pas la première fois, vers la chose que je connais qui peut avancer et demeurer présente simultanément —c’est il y a trois ans environ que je suis tombé sur cette plante à Vancouver, où elle poussait dans un buisson sous un lampadaire, que j’ai placé sa tige entre mes paumes et que je les ai frottées ensemble. Pisi pisi, c’est ainsi qu’on l’appelle, par allusion au son employé en turc pour appeler les chats. Je lui ai souvent volé des choses depuis lors; chaque fois, après avoir amené une formalisation par ses effets, elle s’est faufilée hors de mes poches, les laissant vides.

C’est ainsi que pisi pisi entre à nouveau dans le portrait, le portrait qu’est la galerie et la table et la feuille de papier de format lettre; il n’est pas vrai qu’au nom de la prolifération, vous et moi nous puissions épuiser les possibilités qu’elle offre, car il n’y en a pas au départ dans le champ entourant la rencontre, seulement des indéterminations. C’est donc la rencontre qui génère les effets contradictoires des œuvres de l’exposition, la contradiction n’étant pas due à l’ambiguïté d’une soi-disant méthodologie, ni à l’ironie (qui saute d’une prétendue vision du monde à une autre et retour en deux élégantes enjambées), mais bien à l’état même de « rencontre », capable d’accommoder aussi bien l’absorption en soi-même que l’engagement dans le monde à l’intérieur d’une seule et même expérience humaine unitaire, si maladroite soit-elle. »

Performance de Damla Tamer lors du vernissage, avec partage d’anecdotes avec le public.

Née à Istanbul (Turquie), vit à Vancouver, BC. Dalma Tamer a reçu son MFA en Beaux-Arts de l’Université de Colombie-Britanique en 2011. Elle enseigne à l’UBC ainsi qu’à la Emily Carr University of Art and Design.

Le vernissage de ces deux expositions aura lieu le jeudi 4 avril 2013 de 17h à 22h, en présence des deux artistes. En prime, les artistes accueillis en résidence à la Fonderie Darling, Patty Chang, David Kelley (États-Unis), Jan Hostettler (Suisse) et Levi Orta (Cuba) ouvriront les portes de leur atelier. Entrée libre.

Fonderie Darling

745, rue Ottawa, Vieux-Montréal