Crédit photo: Lulu Vanréchem

13 janvier, petite date au Théâtre La Chapelle. Première de la pièce Et moi pourquoi j’ai pas une banane?. Déjà, la salle est pleine. De bon augure pour la collaboration de Mobile Home et Détournoyment! On se fraie un chemin, on trouve deux places et hop, ça commence.

 

Un feu roulant d’inside jokes hilarantes – Mélissa Pelletier

Connaissez-vous Copi? Romancier, dramaturge et dessinateur argentin, il laisse derrière lui une impressionnante œuvre… dont plusieurs bandes dessinées. Des illustrations qui abordent mort, amour, tromperie, rébellion, violence – et tout ce qui dérange – de front.

Porter le travail de Copi à la scène, c’est possible? Oui. Sur la scène, une femme assise qui deviendra le moteur des multiples petites histoires présentées. Avec un rythme qui manquait parfois de vigueur, les fameux personnages de Copi ont été joués avec justesse. Si la voix préenregistrée de Corinne Masiero – qui s’occupait de tous les personnages – occasionnait parfois des problèmes de coordination action-voix chez les comédiens, elle ajoutait toutefois au côté décalé, très propre aux dessins de Copi.

Mais disons qu’avant d’aller voir Et moi pourquoi j’ai pas une banane?, vaut peut-être (ou plutôt, vraiment) connaître le contexte. Parce que non, ce n’est pas une porte d’entrée vers l’univers de Copi. C’est plutôt la création parfaite pour les fans convaincus, qui peuvent comprendre les références et les blagues d’initiés.

Ne vous méprenez pas. On réfléchit, on apprécie, on rit, et même beaucoup, devant ces scénettes cyniques et absurdes. Mais on se rend compte, en jetant quelques coups d’œil aux fous rires parfois sincères ou incrédules de quelques spectateurs (allô Marie-Eve), qu’on en manque peut-être une bribe qui aurait pu faire toute la différence. Presque comme si le risque de devenir le témoin d’inside jokes hilarantes était toujours présent.

Mon moment préféré de la soirée? Les multiples hommages à Charlie Hebdo, publication pour laquelle Copi a été caricaturiste. Des clins d’œil touchants des créateurs de la pièce, qui ont su apporter une autre dimension au travail du dessinateur. Bravo.

 

La fois où un escargot est devenu une star – Marie-Eve Leclerc

Je dois l’avouer, avant de voir la pièce présentée au Théâtre La Chapelle, je ne connaissais aucunement l’univers des bandes dessinées de Copi. Peut-être partais-je avec un léger retard sur la compréhension de la pièce? Néanmoins, une fois assise confortablement sur mon banc et la représentation commencée, je me questionnais plutôt à savoir pourquoi j’étais présente dans la salle.

Durant un bon moment, je m’interrogeais sur le fil de l’histoire (y en avait-il un à la base), sur les questionnements présentés, et surtout, sur la performance d’un escargot qui m’a, tout de même, beaucoup fait rire. Je dirais même qu’à mes yeux, c’est lui qui a volé la vedette au spectacle. Je n’avais qu’une seule envie, revoir l’escargot avant la fin de la représentation.

Une fois chez moi, j’ai décidé de faire mes recherches sur le sujet. En lisant le synopsis, j’ai finalement compris ce qu’on voulait mettre en scène. Il s’agit principalement d’un rapport de force entre un personnage dominant et un dominé. Malheureusement, je n’ai pas senti ce lien entre les multiples personnages.

Cependant, je dois lever mon chapeau à Corinne Masiero, qui interprétait toutes les voix durant la pièce. Et je dois également avouer que la salle semblait réagir positivement aux déclarations entendues sur scène. Doit-on absolument connaître Copi avant de voir Et moi pourquoi j’ai pas une banane? Je crois que oui!

– Marie-Eve Leclerc et Mélissa Pelletier

Et moi pourquoi j’ai pas une banane?, présentée jusqu’au 24 janvier au Théâtre La Chapelle