Photo : téléphone de Mélissa

16 décembre, 23h, Divan Orange. Le show de Noël de Reliefs. Deux journalistes : Nicolas Roy et Mélissa Pelletier. Deux points de vue. Et hop!

 Mélissa :

J’ai une petite confession. (Si ce n’est pas le temps dans la période des fêtes, quand est-ce que ce le sera?) Je ne connaissais Reliefs ni d’Ève ni d’Adam lorsque j’ai cliqué « oui » sur l’événement Facebook. Je l’avoue : j’adore me retrouver dans un spectacle où je n’ai aucune idée (ou presque) à quoi m’attendre. Aller simple vers la déception? Plutôt espoir de belles découvertes.

BREF. Je me suis donc retrouvée au Divan Orange en ce froid mardi soir avec ce cher Nicolas Roy, aussi friand de sang neuf que moi. Assis presque sur la scène, on a pu voir d’assez près merci la performance du trio formé depuis peu, composé de David Lévesque (batterie, percussions, sagesse), Alexandre McGraw (guitares, barbe) et Maxime Sollier (basse, ray-ban). Et quelle prestation des musiciens : solides, à l’aise, passant sans s’attarder sur les quelques maladresses qui ont parsemé le show.

De bonne humeur (c’est vrai que lancer des confettis à des gens qui dansent sur ses propres rythmes, ça doit avoir un certain charme), les gars se sont vite lancés dans leur répertoire : des pièces instrumentales qui vont vers le rock en passant par l’indie rock et le progressif. Comme des petites toiles musicales, les chansons de Reliefs se veulent le reflet des ambiances de Montréal et des environs. Pour ça c’est réussi : chaque pièce contemplative devient un monde très évocateur. Accompagnés pour deux chansons par un violoncelliste de talent (d’ailleurs, quel ajout intéressant au groupe ce serait), les membres de la formation n’ont eu aucune difficulté à garder l’attention complète du public. Plutôt rare au Divan.

Et puis? Ai-je découvert LE groupe à suivre en 2015? Je pourrais vous dire que le choix d’aller vers la musique instrumentale peut être périlleux, puisqu’il faut alors offrir des morceaux très riches musicalement. Je pourrais vous avouer que dans ce cas précis, l’absence de paroles peut se ressentir comme un manque, comme si le chanteur avait décidé de danser dans la salle plutôt que de joindre le groupe sur la scène. Je pourrais vous dire que j’ai hâte aux prochains efforts de Reliefs, que je devine déjà plus expérimentés et réfléchis. Mais je vais me contenter de vous avouer que j’ai bien aimé la découverte et que je vais garder l’œil ouvert. Et vous souhaiter Joyeux Noël, tant qu’à y être!

Nicolas :

Je confesse la même affaire. Ni Êve, ni Adam pour moi non plus. Et je me reconnais la même propension : celle de mettre mes oreilles en péril en me lançant aveuglément dans l’aventure des décibels inattendus. Et quand notre dynamique directrice générale me somme d’écouter ceci et d’écrire cela, je dis « O.K. patronne » et me tiens coi, l’oreille aux aguets, le crayon entre les dents. La curiosité et l’obéissance font chez moi bon ménage.

Mon deuxième paragraphe est identique à celui de notre clairvoyante fondatrice. Remplacez mon nom par le sien et relisez.

C’est dans un troisième temps que j’emprunte ma propre route. Bien que le plaisir de jouer et de partager chez Reliefs soit palpable, le véhicule qui délivre les tableaux embossés représentant notre ville et ses humeurs cahote sur le sentier pourtant achalandé de l’évocation. Aussi peu suggestif que la phrase précédente. Une tempête de grêle à Hochelaga début décembre? L’or du soleil entre deux branches de chêne rouge au Parc Lafontaine? Le parfum et le doux relâchement des pistons hydrauliques d’un camion poubelle qui s’arroge la voie de gauche sur St-Urbain le lundi soir (vers 21 h)? Je n’ai pas sur dire. J’aurais aimé me faire raconter une histoire pour baigner dans l’ambiance et prendre part au voyage. J’en ai retenu que des premiers jets de synopsis.

En tout point d’accord avec notre perspicace meneuse Mélissa pour conclure. J’ajouterai simplement ma déception de n’avoir pu mettre la main sur la hotte de Noël tiré à mi-spectacle. Celui ou celle qui crierait le nombre exact de pédales du guitariste remporterait le gros lot. J’ai hurlé onze. Il y en avait dix.

Joyeux Noël pareil.

Mélissa Pelletier et Nicolas Roy